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La Seigneurie - 5 février 2010
Communautaire > Babillard communautaire
Alors que la vitesse est devenue prioritaire dans la société, que l’on se doit d’être toujours plus performant et que l’on impose à tous des horaires inhumains, quand arrêterons-nous d’éloigner toujours plus les enfants de leurs réels besoins? La question a été posée et discutée récemment devant une salle comble, et comblée, de plus de 200 participants venus entendre le cinéaste français Bernard Martino (Le bébé est une personne,Voyage en Mongolie intérieure, Lóczy, une maison pour grandir). Conférencier invité du Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM), Bernard Martino a suscité beaucoup d’émotion au sein d’un auditoire formé autant de personnel des services de garde que de parents, d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants, de personnel du réseau de la santé et d’intervenants issus du milieu communautaire.
«Nous voulons tous le meilleur et le mieux pour nos enfants, mais nos façons d’y arriver sont-elles adéquates?» questionne d’emblée le cinéaste. «Sommes-nous réellement en train de vivre des relations qui respectent leur rythme et leurs besoins?» Grâce aux images bouleversantes qu’il a tournées au fil des ans en France et en Hongrie et alimenté par des participants interpellés par le sujet, Bernard Martino a offert un témoignage d’une très grande qualité sur le respect de l’enfant.
À Lóczy, des professionnelles hongroises prenant soin d’enfants abandonnés et abusés ont réussi à leur donner, par des gestes réfléchis et immensément respectueux, un équilibre, une solidité et une assurance pour vivre harmonieusement leurs relations humaines. «Il est impossible de ne pas questionner nos propres pratiques pour tendre vers une amélioration de la qualité des soins offerts aux enfants en service de garde. Nous devons faire confiance aux enfants, à leurs compétences; nous avons tout avantage à plus et mieux les observer, avec émerveillement et attention, et à limiternos interventions», affirme Claudette Pitre-Robin, directrice du RCPEM.
Pour le Regroupement de CPE de la Montérégie, qui œuvre depuis plus de 35 ans à la promotion du respect des tout-petits, l’approche développée par Emmi Pikler a tout avantage à être découverte par le plus grand nombre de personnes. À cet effet, dès le printemps prochain, le RCPEM accueillera de nouveau le cinéaste pour la poursuite de la campagne de sensibilisation. Elle sera suivie, prochainement, d’un programme de formation structuré.