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Une belle famille reconstituée : Annie, Jenny, Maxime, Josée, Samuel et Wilfrid.

Wilfrid Groleau a retrouvé son estime dans son rôle de père

Louise Pagé (Collaboration spéciale)

Le Soleil de Valleyfield - 17 juin 2006

Actualité > Faits divers

Sous le toit de Wilfrid et d'Annie, rue Jacques-Cartier à Valleyfield, une famille reconstituée grandit. Au cœur du quotidien de cet homme de 37 ans et de cette jeune femme de 24 ans, une porte s'est ouverte, il y a quelques mois, sur un défi... celui de développer de nouvelles habiletés parentales pour assumer l'éducation de leurs enfants, avec confiance.

Wilfrid a 5 enfants : Josée la benjamine, Jenny, Marie-Lou, Maxime et Samuel, l'aîné. Sa fille Marie-Lou vit dans une famille d'accueil. Ses deux garçons, nés d'une union précédente, sont venus le rejoindre l'an dernier, se joignant ainsi à ses deux plus jeunes filles qu'il a eues avec sa conjointe Annie.

Wilfrid a dû composer avec cette nouvelle réalité de réunir dans un même nid, des enfants qui ne se connaissaient pas. Lui-même, n'avait pas eu la garde de ses fils depuis de nombreuses années. Ceux ci, s'amenaient tout à coup, à temps plein, dans sa vie.

"Je ne savais pas si j'allais passer au travers car je pars de loin, constate-t-il. Directement du back town à Huntingdon, là où naissent des gens ordinaires comme moi, issu d'une famille de 8 enfants, qui ont vécu pour certains, le placement dans des familles d'accueil."

Annie vient d'une famille plus aisée mais a eu rendez-vous avec de lourdes responsabilités, assez jeune. Elle est aussi devenue mère, à 17 ans. C'est alors que Françoise Châtigny, infirmière et Lucie Riendeau, intervenante en éducation spécialisée au CLSC, sont entrées chez elle pour lui prêter main-forte.

Après le suivi pré et postnatal, le soutien au développement des enfants et à la famille allait commencer. Wilfrid vante les mérites et la force de sa conjointe qui, dit-il, en avait un peu trop sur les épaules.

"En février dernier, elle m'a invité à me joindre à un groupe de parents Le Coffre à outils, organisé par le CLSC du Centre de santé et de services sociaux du Suroît. Une découverte et une série d'apprentissages en dix rencontres s'amorçaient dès lors. Moi, j'étais plutôt réticent à entrer dans le grand bâtiment des intervenants.

Allais-je y trouver des clefs pour apprivoiser mon manque d'estime, mon amertume, mon manque de savoir-faire paternel? J'y suis allé pour m'investir avec Annie et découvrir ce qu'il y avait à l'intérieur de ma coquille. J'ai commencé par m'ouvrir l'esprit, par me demander comment je pouvais exercer mon rôle de père".

Wilfrid a pensé à son propre père décédé, aux frictions qu'ils avaient eues et à ce qu'il pourrait donner aux siens malgré ses propres manques.

"Je me remets en question à tous les jours. Je sais aussi que la vie peut être courte et que chaque instant compte avec ceux qu'on aime. Ce que je peux donner d'abord à mes enfants, c'est le temps, assure t-il. Celui que je n'ai pas eu avec mon père."

Wilfrid a appris à être plus patient, à être moins sévère, à entrer dans le petit monde de chacun de ses enfants, à s'impliquer dans les tâches quotidiennes. D'ailleurs, il pratique maintenant une activité avec chacun de ses enfants.

"Dans le moment, je fais de la rénovation dans la maison avec mes fils. J'apprends la couture à Jenny. J'ai aussi des rêves pour eux. J'aimerais, par exemple, que mes garçons soient très débrouillards et habiles, qu'ils sachent faire différents travaux avec leurs mains."

Wilfrid a récemment acheté un ordinateur à ses enfants afin qu'ils puissent naviguer sur Internet et faire leurs travaux scolaires. Il souhaite maintenant leur offrir un écran d'ordinateur fonctionnel. Le faible revenu de la famille met ce projet en veilleuse.

Quant à son couple, il en est fier. Il est avec Annie depuis huit ans. "J'ai aussi appris à me réserver du temps avec elle. Ce qui est le plus difficile, c'est de trouver une gardienne pour faire des activités de couple, déplore t-il. Quatre enfants, c'est coûteux et les revenus sont restreints, constate t-il." Il pratique aussi un hobby passionnant pour se détendre soit : le tatouage.

"J'ai fait la paix avec la moitié de moi-même, confie t-il. J'avance, petit à petit. Je suis sorti de ma torpeur pour devenir disponible aux miens. Chaque minute partagée avec mes enfants est une minute où je gagne...un peu plus de confiance et je me surprends d'être capable de surmonter les hauts et les bas."

L'énergie de Wilfrid lui vient de ses enfants qui lui apportent beaucoup. Lui, il leur donne l'amour comme un tatouage gravé sur le cœur. "Quand je me serai davantage accompli comme père et que je serai complètement heureux de l'être, alors, je ferai la paix avec l'autre moitié de moi-même. J'aurai répondu à leurs besoins et nous aurons tissé des liens de valeur", confie ce père attachant.

Pendant que ses frères et sœurs avalent la collation de la fin de l'après-midi préparée avec empressement par Annie, Samuel me glisse à l'oreille qu'il a l'intention de faire le déjeuner pour son père afin de souligner la Fête des pères. L'adolescent gardera le secret et nous aussi, jusqu'à demain.

Inspirée, Jenny le suit et me chuchote, à son tour, qu'elle fera la bise à son papa pendant qu'il dormira. Voilà de grands cadeaux de fête à la mesure des petits qu'il chérit.

P.S. Toute personne intéressée à faire le don d'un écran d'ordinateur pour le bénéfice de cette famille est invitée à contacter Lucie Riendeau, intervenante au CSSS du Suroît au (450) 371-0143, poste 3100.

Louise Pagé est agente d'information au Service des communications du Centre de santé et des services sociaux du Suroît.


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