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"On doit le faire dans la plus grande vérité en disant tout simplement qu'un parent est décédé. On emploie les vrais mots, et non pas "ton papa est parti au ciel" parce que ça donne l'impression qu'il va revenir", soutient Sylvia Hamel, psychothérapeute et fondatrice de Parent étoile. L'organisme montréalais offre des ateliers et du soutien aux jeunes endeuillés.
Selon les âges, ceux-ci ont différentes conceptions de la mort. À 2 ans, un bébé peut ressentir l'absence d'une personne significative autour de lui alors que, de 3 à 5 ans, l'enfant croit qu'il s'agit d'un phénomène temporaire et réversible. Ce n'est qu'à 9-10 ans qu'il commence à comprendre que ce n'est pas le cas.
Lorsqu'on lui en fait la demande, Mme Hamel se rend à domicile pour apprendre la triste nouvelle aux bambins. "Je me promène avec mes pots d'insectes morts pour leur faire comprendre. Je leur explique que la mouche ne bouge pas, qu'elle n'a ni froid, ni chaud, ni faim et qu'elle ne souffre plus", relate l'intervenante.
Contrairement à l'adulte qui vit son deuil pendant un an ou deux, l'enfant vivra celui-ci par petits coups jusqu'à ce qu'il en soit devenu un. "Si sa mère meurt quand il a 4 ans, il peut éprouver un très gros chagrin à 6 ans alors que ses collègues de classe font des cartes pour la fête des Mères et qu'il se sent à part."
Lors de ses visites, la psychothérapeute apporte avec elle une peluche qu'elle remet au petit éprouvé. "Je lui dis qu'il a aussi perdu son papa ou sa maman et lui demande s'il peut en prendre soin. Tout de suite, il est ravi et demande à son parent qui va prendre soin de lui maintenant", relate la psychothérapeute qui souligne que les petits ont besoin d'être rassurés et entourés.
La routine est aussi importante pour eux. Il vaut mieux continuer de les amener à la garderie où ils joueront avec leurs camarades que de les garder à la maison avec un parent qui passe ses journées à pleurer.
Mme Hamel croit en l'importance d'impliquer les enfants dans les rituels reliés au deuil, selon leur rythme, en leur demandant, par exemple, s'ils ont envie de se rendre au salon funéraire ou de faire un dessin pour l'amener là-bas.
"Les gens ont l'impression que les enfants qui gambadent un peu partout au salon, qui sont tristes un moment et vont jouer avec leurs amis après, ne sont pas en deuil. C'est faux, ils le vivent, mais par petites bouchées", note celle qui travaille aussi avec les adultes.
Dans ses ateliers avec les jeunes endeuillés, elle leur explique que les gens ne meurent que s'ils sont très, très, très malades, vieux ou blessés. "Le "très" est important et je le répète toujours trois fois, souligne-t-elle, parce que ceux qui ont perdu un parent ont toujours la crainte que l'autre meure."
Timides et craintifs, les jeunes sont soulagés de voir qu'ils ne sont pas les seuls à être en deuil. Au cours des ateliers, ils apprennent ensuite à travailler leurs émotions, à bien vivre leur colère et à se débarrasser de leur culpabilité, lorsqu'ils se sentent soulagés par le décès d'un proche qui était malade et a longtemps souffert.
"Ils doivent apprivoiser le deuil et savoir qu'ils ont le droit et peuvent être heureux malgré cette lourde perte, ajoute-t-elle. Leur plus grande crainte est d'oublier le défunt. Mais, je les rassure en faisant appel à leurs souvenirs et en évoquant des moments vécus avec celui ou celle qui est décédé."
Mme Hamel se rend aussi dans les écoles afin d'expliquer la mort aux élèves lorsqu'un camarade ou le parent de celui-ci meurt. Elle offre de plus son soutien aux parents qui veulent comprendre le comportement de leurs enfants et à ces derniers lorsqu'un proche est hospitalisé aux soins intensifs. Elle les accompagne aussi au salon funéraire, sur demande. Pour information : Parent étoile au 514-947-0606 ou www.parent-etoile.com.
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