La première le fera en guise de préparation à une greffe de la moelle osseuse. La seconde posera ce geste en hommage à sa copine et à toutes les femmes qui combattent un cancer.
Pour Geneviève Leroux, ce geste en est un personnel, avant tout. «Je sais que ça va être difficile, mais cette fois-ci je vais y aller», affirme avec conviction l’enseignante du primaire. Mmes Leroux et Lareau se côtoient depuis 2004. Or, la principale intéressée n’a pu être aux côtés de son amie qui a reçu des traitements de chimiothérapie deux années plus tôt à la suite d’un cancer du sein.
Geneviève Leroux, une Campivallensienne, a accepté au début octobre de transformer cet engagement personnel en une campagne de financement, à la demande de sa grande amie et cofondatrice de l’organisme Ensemble courons vers la guérison.
Josée Lareau et son conjoint Michel Chénard souhaitaient graver à jamais chez les membres ce geste «généreux». Pour ce faire, le couple a manifesté son désir de mettre sur pied des ateliers d’art.
«Cette vocation me ressemble», convient Geneviève Leroux, une musicienne née. Celle qui oublie tous ses soucis au piano aimerait bien faire profiter de cette thérapie les personnes atteintes d’un cancer. «L’art est libérateur. Ça leur permettra de penser à autre chose que leur maladie», poursuit la femme de 37 ans.
Si le projet se concrétise, les ateliers seront offerts par le peintre-émailleur Bernard Séguin Poirier à sa galerie située aux Cèdres. Les participants s’y rendront une fois par trimestre.
Jusqu’à maintenant, Geneviève Leroux a ramassé 800 $. «Ce n’est pas terminé. La campagne de financement prend fin le 9 novembre», insiste celle qui est membre du conseil d’administration d’Ensemble courons vers la guérison. L’enseignante à l’école Dominique-Savio de Salaberry-de-Valleyfield pense récolter suffisamment d’argent pour tenir des ateliers pendant une année complète.
Si Josée Lareau a rencontré LE JOURNAL, c’est avant tout pour sensibiliser les lecteurs au don de la moelle osseuse. «Les gens connaissent Héma Québec pour le don de sang et non de cellules souches. Plus il y aura de personnes inscrites dans la banque internationale, plus les chances de sauver des vies seront élevées», explique-t-elle.
Josée Lareau souffre de la leucémie myéloïde chronique. Le chromosome Philadelphie, présent dans sa moelle osseuse, contribue à la croissance de cellules leucémiques. Il occasionne aussi une production anormalement élevée de plaquettes aidant à la coagulation du sang. Depuis 2003, cette production est contrôlée par médication.
Le diagnostic de la leucémie est tombé en 2002, deux semaines avant celui du cancer du sein. La Campivallensienne a subi l’ablation de son sein gauche le 30 octobre de la même année. De janvier à avril 2003, elle a reçu quatre traitements de chimiothérapie en guise de prévention. Les efforts ont porté des fruits. «En faisant de la chimio, la leucémie a ralenti», précise-t-elle.
Si aujourd’hui le cancer du sein est chose du passé, la leucémie demeure. Seule une greffe de la moelle osseuse peut assurer la guérison de la femme de 44 ans. Ce jour important viendra en novembre.
La quadragénaire attend ce moment depuis cinq ans. Dans son entourage, personne n’était compatible. Depuis 2002, la malade a refusé l’offre de trois donneurs. La dernière, connue en septembre, est la bonne. Le donneur de moelle osseuse constitue «un match parfait».
Durant sa première semaine d’hospitalisation, la patiente recevra un traitement de chimiothérapie par jour. Cette première phase détruira sa moelle osseuse. Dépourvu d’un système immunitaire, son corps répondra mieux aux cellules souches du donneur. «Mon ADN et mon sang vont changer. Je vais devenir le donneur», raconte-t-elle.
Une fois la greffe complétée, Josée Lareau demeurera dans une chambre isolée pendant une trentaine de jours. Durant cette période, la nouvelle moelle produira les globules blancs nécessaires pour permettre au corps de Mme Lareau de se défendre contre les bactéries environnantes.
«Les 100 premiers jours seront les plus critiques», avoue Michel Chénard. Pour permettre à la patiente de se prémunir contre toute attaque, le port d’un masque sera donc fortement conseillé une fois son retour à la maison.
Dans cette épreuve, Josée Lareau demeure combative. «Il fallait que j’accepte la maladie. Me révolter n’aurait rien donné. (…) J’ai un côté combatif en moi. Ça se fait naturellement», confie-t-elle. «Josée est comme un cours d'eau qui semble si tranquille, mais qui possède une force insoupçonnée», renchérit Geneviève Leroux.
Mme Lareau est aussi sereine. Elle visualise toutes les étapes qui l’attendent. «Je regarde devant et non derrière», mentionne celle qui voit sa chambre d’hôpital comme «un condo d’une pièce et demie». La mère de deux adolescentes avoue que, dans toute cette épreuve, quitter sa famille quelques semaines sera l’étape la plus difficile.
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