31 juillet 2010
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Plus de 700 personnes ont dénoncé le projet de porcherie de la Ferme Notre-Dame présenté par l'un des promoteurs, Martin Lareau. La consultation sur les mesures d'atténuations liées à ce projet était animée par le préfet de la MRC de Rouville, Rosaire Houle (au centre de la troisième photo). (Photos : André Corbeïj)
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Le maire de Richelieu, Raymond Guertin, a essuyé les huées de la foule qui lui reprochait d'être au courant du projet depuis 2002 et d'avoir omis d'en parler publiquement. (Photo : André Corbeïj)

Une contestation sans précédent à Richelieu

Plus de 700 citoyens en furie dénoncent le projet de ferme porcine des frères Lareau

Eric Cloutier

Le Journal de Chambly - 25 octobre 2005

Actualité > Faits divers

Jamais soirée de consultation à Richelieu n'a eu l'ampleur de celle tenue par la MRC de Rouville, le 18 octobre, portant sur l'implantation d'un projet d'élevage porcin sur la ferme Notre-Dame, dans le secteur Notre-Dame-de-Bon-Secours. Plus de 700 personnes en furie, réunies au gymnase de l'école Curé-Martel, ont manifesté leur opposition au projet des frères Martin et David Lareau.

Ces citoyens de Richelieu, de la région et d'autres venus d'ailleurs au Québec ont dénoncé le processus de consultation qu'ils qualifient de "bidon". Ce processus vise à connaître les inquiétudes des résidants afin d'établir des mesures pour atténuer les inconvénients liés à l'entreposage et à l'épandage du lisier. Ces mesures touchent les distances séparatrices, l'installation d'un écran brise-odeurs et d'équipements pour favoriser l'économie d'eau, ainsi que des normes d'entreposage, d'épandage et d'enfouissement rapide (délai maximum de 24 heures).

Les citoyens ont reproché au ministère de l'Environnement d'avoir émis un certificat d'autorisation pour le projet des Frères Lareau au mois d'août sans tenir compte de la situation géographique particulière de leur ferme.

Climat explosif

Dès l'ouverture de l'assemblée, le climat est apparu explosif.

Martin Lareau a eu toutes les difficultés à expliquer son projet, constamment interrompu par des manifestants qui, pancartes à la main, scandaient des slogans et chantaient "Na na hey hey goodbye!". Un petit groupe de sympathisants au projet des Frères Lareau et leur avocat, Me Daniel Cayer, observaient silencieusement la scène.

"Les gens ne nous écoutent pas et ne veulent pas d'information. Pas de problème! Cependant, il va y avoir un projet", a déclaré David Lareau à l'auteur de ces lignes, au plus fort des protestations.

"Tu dois être content, tu as ce que tu voulais", a-t-il ensuite lancé au conseiller richelois Michel Lavigne, à l'origine du mouvement de contestation.

Rappelons que le projet compte quatre bâtiments. Deux pouponnières abriteront 3000 porcelets et deux autres bâtiments accueilleront 2800 porcs. Martin Lareau a tenté d'expliquer aux citoyens qu'une hausse des coûts annuels de production se poursuivant depuis 1998, attribuable à la mondialisation des marchés, met en péril l'avenir des agriculteurs.

Selon lui, la hausse annuelle du coût des engrais chimiques force la Ferme Notre-Dame, une ferme laitière, à s'orienter vers la production animale et l'utilisation d'engrais organiques pour réduire ses coûts.

"Il y a quatre entreprises touristiques à quelques kilomètres de la zone d'épandage : une table champêtre, une érablière, un terrain de golf et une fromagerie. Est-ce qu'on en a tenu compte?", a demandé Suzanne Dufresne.

"Au plan de la qualité de vie, a répondu Martin Lareau, on a investi beaucoup d'argent sur les toitures qu'auront les fosses afin de diminuer au maximum l'impact sur le milieu>>. Il promet de tout faire pour "redorer l'image de la production porcine".

Le préfet de la MRC critiqué

Le préfet de la MRC de Rouville, Rosaire Houle, a aussi été pris à partie par plusieurs citoyens.

Hélène Lalonde, membre du Comité richelois pour une meilleure qualité de vie, et des représentants de la Coalition citoyenne, un organisme qui se bat contre l'industrie porcine depuis trois ans, ont sommé M. Houle de se retirer du siège de président de la consultation et de céder sa place à la préfète adjointe de la MRC de Rouville, Susie Dubois. Mme Lalonde s'est emparée d'un micro mis à la disposition des citoyens, avant même la période de questions, pour s'en prendre à M. Houle, maire de L'Ange-Gardien et éleveur porcin, en l'accusant d'être en conflit d'intérêts.

De son côté, Gilles Tardif, président de la Coalition citoyenne résidant à Valcourt, a tenté de s'approcher de la table où se trouvaient Rosaire Houle, Susie Dubois et le maire de Richelieu, Raymond Guertin. Le coordonnateur du schéma d'aménagement de la MRC de Rouville, Francis Provencher, a dû s'interposer pour forcer M. Tardif à reculer.

Le maire Guertin hué

À son tour, le maire de Richelieu, Raymond Guertin, a été hué et critiqué. Mario Halley, candidat du parti Coalition richeloise dans le district 1, et Michel Lavigne, candidat de ce parti dans le 4, lui ont rappelé qu'il était au courant du projet depuis 2002 et qu'il avait omis d'en informer ses concitoyens.

M. Lavigne a ajouté que quatre conseillers municipaux sur six n'ont appris que le 22 août qu'un projet de ferme porcine était en voie d'acceptation par le ministère de l'Environnement. Une résolution avait été adoptée, ce soir-là, pour demander que Susie Dubois préside la consultation du 18 octobre et non Rosaire Houle.

"Où étais-tu Michel Lavigne, en avril 2002, lorsqu'il avait été question de ce projet au caucus? En juin 2002, à la suite de discussions que nous avions eues, tu avais proposé l'adoption d'une résolution pour appuyer la Ville d'Amqui. Ne viens pas me parler de transparence!", a rétorqué, ulcéré, Raymond Guertin.

M. Guertin a aussi dû répondre à Hélène Lalonde qui demandait à la Ville de Richelieu de se "tenir debout et de refuser d'accorder un permis de construction" aux frères Lareau.

"Vous savez qu'il y a des élections le 6 novembre. Vous demanderez au prochain conseil de prendre une décision", a laissé tomber M. Guertin, d'un ton découragé et exaspéré.


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