Le 23 février, l’élève de Coteau-du-Lac a organisé un patin-o-thon à la mémoire de son oncle décédé d’un cancer du poumon l’été dernier. Lors de cette activité, elle a amassé 870 $ pour l’organisme Ensemble, courons vers la guérison qui offre des ateliers d’aide psychologique aux personnes atteintes d’un cancer.
Des 870 $ récoltés, 435 $ proviennent directement du patin-o-thon. Sa tante et femme du défunt, Gloria Bourgeois, a doublé la mise. Au cours de la matinée du 23 février, une quarantaine d’élèves ont patiné sur la glace du Centre sportif Soulanges. L’organisatrice se dit fort heureuse de la participation.
«J’avais le droit de libérer 50 jeunes et il y a eu 45 inscriptions», souligne-t-elle. Judith s’est même permis de faire don à l’organisme de cinq exemplaires du volume Alice au pays du cancer. Ce livre, publié à Bruxelles, démystifie la maladie aux enfants de six à dix ans dont un membre de leur famille en est atteint. L’ouvrage se retrouve à la bibliothèque de Coteau-du-Lac où l’adolescente travaille.
Si ce projet s’inscrivait dans le cadre de sa formation générale, Judith Sauvé l’a d’abord mis de l’avant pour faire un deuil définitif, à la suite du décès de son oncle. Pour la Coteaulacoise âgée de 16 ans, cette démarche a constitué une thérapie. Le jour du 23 février, elle a véritablement tourné la page sur ce malheureux événement.
Raoul Liboiron est décédé d’un cancer du poumon le 20 juillet 2006, soit sept mois après l’annonce du diagnostic. Il avait 49 ans.
Mme Bourgeois a vanté la persévérance et la grande confiance de son époux dans la maladie. Un mois avant son départ, il avait confié au personnel soignant son intention d’organiser une randonnée à vélo familiale pour vaincre le cancer. Sept mois plus tard, la nièce de M. Liboiron a pris la relève.
«Quand Judith m’en a parlé (du projet), j’ai pleuré. C’est le rêve que Raoul n’a jamais pu réaliser», a livré la résidante des Coteaux. «Ma tante a été très touchée. Elle m’a dit que si mon oncle était encore là, il aurait été tout aussi ému. Elle était heureuse de savoir que mon expérience allait aider quelqu’un», d’ajouter Judith.
C’est à la suite de la maladie qui a frappé son oncle que Judith Sauvé a entendu parler de l’organisme Ensemble, courons vers la guérison. M. Liboiron et son épouse ont assisté aux ateliers offerts par des professionnels.
Les 870 $ serviront donc au financement des services de l’organisme qui, en plus des thérapies de groupe, met à la disposition des famille une aide individuelle. «Ce soutien peut être fourni au cours de la maladie, lors de l’annonce ou à la suite d’un décès», précise la présidente de l’organisme, Janick Brassard.
Les familles peuvent aussi assister à des rencontres de groupe. Finalement, Le Phare tient des ateliers à l’intention des personnes désireuses d’accompagner un malade, en fin de vie.
Tous les services sont offerts gratuitement. L’organisme se finance de dons d’entrepreneurs ou encore des profits générés par des activités bénéfice. En quatre ans d’existence, c’est la première fois que l’argent provient directement d’un citoyen.
«On ne fait pas beaucoup de publicité, mais avec les années, ça grandit de plus en plus. On ne leur demande rien et automatiquement, ils veulent redonner au suivant», se réjouit Mme Brassard, en référence à la contribution des familles de personnes décédées d’un cancer. Et ce n’est pas fini, la présidente souligne que d’autres personnes l’ont approchée pour apporter leur contribution personnelle.
Gloria Bourgeois a accepté de se raconter au JOURNAL afin de sensibiliser le grand public à la présence d’organismes d’entraide, comme Ensemble, courons vers la guérison. Elle veut donner la chance à d’autres personnes d’être aussi bien entourées qu’elle a pu l’être.
La femme de 50 ans a rencontré la psychologue Manon Déry une fois par mois, en rencontre individuelle et ce, dès l’annonce du diagnostic. Il en a été ainsi pendant plusieurs mois.
Après le décès de son mari, Mme Bourgeois a rapproché ses visites toutes les deux semaines. En octobre 2006, la quinquagénaire a décidé d’elle-même de ne plus se rendre aux rencontres. «Je revoyais les yeux de Raoul (chez les patients en attente). Il fallait que je marche sur mes deux jambes», mentionne-t-elle.
Aujourd’hui, Gloria Bourgeois se porte mieux. Elle a repris son travail à temps plein. Sa fille se marie le 19 mai, soit quelques jours avant ce qui aurait été le 25e anniversaire de mariage de ses parents. Mme Bourgeois voue d’ailleurs le retour de sa sérénité aux petites attentions reçues par l’équipe de l’organisme. «Peut-être que si je n’avais pas parlé de mes craintes, je ne serais pas aussi sereine aujourd’hui», conclut-elle.
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