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L'Œil Régional - 7 octobre 2006
Opinions > Lettres des lecteurs
Le drame du viaduc de Laval est symbolique et révélateur. Il nous rappelle la propension des Québécois à attendre tranquillement les catastrophes avant de réagir. L'état lamentable de notre réseau routier est aussi le reflet parfait de notre tissu social qui se dégrade inexorablement. Les signes que le Québec s'en va à la dérive se multiplient : dette publique dramatique, champion de l'avortement et du suicide, gangs de rue, consommation accélérée d'antidépresseurs, échec de la réforme scolaire, taux alarmant d'analphabétisme fonctionnel, familles brisées et des routes qui ressemblent de plus en plus à celles des pays sous-développés. Sur l'autoroute de la vie et de la mondialisation, les embûches se multiplient et nous sommes incapables de les voir venir afin de les éviter.
On décortique les événements, on analyse les catastrophes, on fait des bilans, des reportages, on enquête, sans jamais se poser une simple question : pourquoi? Des pères escaladent un pont, bloquent la circulation. Pas de problème, on va barricader le pont! Jamais ne viendrait à l'esprit de nos politiciens et de nos intervenants sociaux de se demander pourquoi un père ordinaire en vient à risquer sa vie pour une cause qui lui tient à cœur.
Pourquoi en sommes-nous rendus à être les citoyens les plus taxés et parmi les plus pauvres d'Amérique? Nous investissons des milliards dans une multitude d'organismes à vocation sociale non productifs, gérés par des individus qui ont très bien compris qu'il est fort lucratif au Québec d'inventer des victimes en série. Nous investissons dans la multiplication de citoyens parasites, dépendants, au lieu de réparer nos routes et de soutenir des projets créateurs de richesses. Nous récompensons la fainéantise et mettons tout en œuvre pour démolir le citoyen travailleur et novateur.
Nous sommes devenus des spécialistes dans l'art de masquer notre médiocrité. C'est ça le modèle québécois dont nous sommes les seuls à être si fiers. Si j'étais canadien, je foutrais le Québec à la porte de la Confédération. Peuple souverain malgré lui, avec ses viaducs qui font pitié...
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