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DELSON - Le Vieux-La Prairie est connu pour ses fouilles archéologiques. Il n'est pas rare d'y découvrir pointes de flèche, ossements ou vestiges coloniaux. Roland Chaput, un itinérant appréciant les objets rares, y a découvert une épée de baïonnette, modèle Sanderson 1907.
Sans logis, l'homme originaire de La Prairie ramasse cannettes et bouteilles de bière du secteur. Déambulant sur le site de l'ancienne usine Rose & Laflamme il y a trois semaines, un reflet métallique en provenance d'un vulgaire tas de terre a attiré son attention.
Agrippant ce bout de métal qui sortait d'à peine 1 po (2,5 cm) du monticule, quelle ne fut pas sa surprise d'en retirer un fourreau de 17 po (35 cm) avec son épée dedans! "C'est le plus beau morceau que j'ai trouvé de ma vie!", s'est exclamé l'homme de 49 ans.
Pressé de le faire reluire, il a mis l'objet dans un sac IGA et a déniché des produits pour le nettoyer. Avant de s'y attaquer, la lame sortait difficilement de l'étui, et le bois du manche était envahi par la moisissure.
Selon la Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, la baïonnette n'a rien à voir avec le lieu où on l'a découverte. Rien dans le passé de La Prairie n'évoque une quelconque bataille où on aurait utilisé ce type d'arme.
La chose aurait plutôt été jetée ou égarée selon Pierre Gagné, de l'Association des collectionneurs d'armes du Bas-Canada. Son bon état laisse croire qu'elle s'y trouvait depuis peu. En effet, l'étui de cuir n'a que très peu subi les assauts du temps.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'antiquité foisonne un peu partout dans le monde. L'arme britannique a été utilisée par beaucoup de pays du Commonwealth qui en équipaient les carabines de calibre 303, notamment. Elle vaudrait entre 75 $ et 100 $.
Surtout utile lors des corps à corps, cette longue baïonnette permettait de tenir l'ennemi à distance.
Le sans-abri ne trimbale pas son précieux objet avec lui de peur qu'on le lui vole. Il l'a mis en lieu sûr puisqu'il se dit souvent victime de harcèlement et de coups et blessures. Si un intéressé se présentait, il se dit prêt à vendre sa trouvaille. n
Les soldats d'infanterie, de la Marine Royale ou de l'Aviation Royale utilisaient cette arme construite par la Sanderson Brothers & Newbould depuis le milieu de la Grande guerre, en 1916.
Curieusement, ce n'est qu'en 1942, en pleine Seconde Guerre mondiale, que le fusil d'assaut Lee-Enfield modèle court (équipé de la baïonnette Sanderson 1907) a été remplacé par un modèle plus performant, lui aussi un Lee-Enfield.
Les derniers modèles ont disparu des forces canadiennes durant les années 1950, mais plusieurs pays du Commonwealth en conservent toujours plusieurs en service.
Source : Jason E. Ginn, gestionnaire de collection, Armes et armures du Musée canadien des civilisations.
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