En 2000, la direction de l'école secondaire François-Williams de Saint-Amable a fait passer un questionnaire à ses élèves. Les résultats démontraient que 37% des jeunes avaient été témoins, victimes ou initiateurs d'intimidation.
La plupart du temps, il s'agissait d'insultes et de chamailleries. Ce constat a touché le personnel de l'école. «Ce n'était pas alarmant, mais assez pour dire que c'est là et qu'il faut faire quelque chose», dit Éric Viola, technicien en loisirs à l'école François-Williams.
Pour prévenir et contrer ce triste phénomène, des professionnels, dont plusieurs psychologues, ont pris le problème à bras-le-corps et conçu le Programme Ancre. Initié pour la première fois à Saint-Amable, cet outil cible à la fois l'école, la classe, l'élève, sa famille et prône des interventions sur les intimidateurs et les victimes. Le programme a mérité un prix du Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie.
Son but est de donner des outils au personnel pour éviter qu'un conflit ne dégénère et d'adopter un langage commun. Il a mené à la création d'un code de vie, d'un service de médiation, d'un protocole d'intervention.
L'école François-Williams l'a appliqué récemment pour endiguer un cas de cyberintimidation à l'endroit d'une élève de 12 ans. «Ça avait commencé cet été. Certains avaient ri d'elle, lui avaient envoyé des messages dénigrants», raconte Mme Suzanne Barrière. Comme? «"Tu es laide" ou "Tu es une pute"», cite Sébastien Théroux, psychoéducateur.
La direction a approché l'élève visiblement affectée. Elle a découvert cette situation qui impliquait une quinzaine d'élèves et où il y avait échange mutuel d'insultes. La direction a rencontré certains parents avec leur enfant, leur a montré une vidéo. Un policier les a même avisés du risque de poursuite criminelle. Le problème a cessé. «Si on n'était pas intervenu, ça aurait pu perdurer et empirer», estime Mme Barrière.
Les lignes directrices du Programme Ancre ont aussi été importées dans certains écoles primaires de Saint-Amable, dont L'Envolée. La directrice Chantal Labelle les a appliquées par exemple dans le cas d'un enfant de 8 ans qui a menacé un autre du même âge de lui lancer une boule de neige après l'école.
Après avoir eu la version de l'intimidé et de l'intimidateur, ce dernier a été rencontré. La direction lui a expliqué clairement qu'il risquait d'être expulsé de l'école s'il récidivait. «Jamais on s'est rendu jusque là. La plupart du temps, ça se limite à une suspension à l'interne», dit Mme Labelle.
Habituellement, il n'y pas de représailles. «Ça se peut que l'intimidateur récidive sur d'autres élèves», dit M. Théroux. À ce moment, les conséquences pour l'intimidateur s'aggravent.
Les intervenants rencontrés notent que la plupart des conflits s'expliquent par un malentendu. C'est pourquoi la médiation entre les élèves est souvent proposée pour régler des conflits. Les écoles de Saint-Amable font également de la prévention en donnant des ateliers sur l'intimidation, au primaire et au secondaire, et sur la cyberintimidation, au secondaire.
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