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C'est grâce à une bien drôle de fourchette que l'ingénieur et biologiste de formation Benoît Courteau, de Mont-Saint-Hilaire, a mis sur pied un projet de développement humanitaire qui puise ses origines dans le contrôle des plantes aquatiques envahissantes. Un concept qui lui a valu un prix de la Banque mondiale.
Nommé le grappin flottant, cet outil sert à arracher la châtaigne d'eau et les autres plantes envahissantes. Il permet non seulement de décupler le rendement de la méthode manuelle, mais son efficacité est aussi grande que celle de la méthode mécanisée, dont le coût est fort élevé.
C'est en regardant ses amis biologistes s'éreinter à arracher la châtaigne que Benoît Courteau a eu l'idée de créer cet instrument bizarroïde. "Je me suis demandé quelles pattes aurais-je si j'étais un insecte qui devait se déplacer dans ces plantes et c'est comme ça que je suis arrivé au grappin." Quelques années plus tard, M. Courteau s'est retrouvé au Niger, en Afrique de l'Ouest, pour essayer son outil sur d'autres plantes envahissantes, dont la jacinthe d'eau, dans le cadre du projet D'un fleuve à l'autre de l'Union Saint-Laurent Grands Lacs.
Si le grappin de Benoît Courteau est efficace, il ne permet pas d'éradiquer complètement les plantes envahissantes. M. Courteau a donc eu l'idée de recycler les herbes qui étaient jusqu'alors laissées sur les berges. "Comme ces plantes sont des filtres efficaces, nous avons pu créer un compost qui a, entre autres, permis de tripler la taille des légumes."
Les herbes permettent également de créer de la pâte à papier et du carton dans lequel sont plantés du jatropha, une plante dont l'huile des graines permet de remplacer le diesel. "Pour l'instant, nous utilisons uniquement ce carburant pour le fonctionnement des machines, explique Benoît Courteau. Nous sommes présentement en attente de résultats de tests pour savoir s'il est possible d'utiliser cette huile dans un véhicule."
Les résidus permettent aussi de fabriquer des briquettes qui sont utilisées comme combustibles dans les fours sur lesquels les femmes cuisinent. "Grâce à ces briquettes, les jeunes filles n'ont plus à marcher des kilomètres tous les jours pour aller chercher du bois. Nous avons également créé une lagune artificielle dans laquelle nous avons mis de la jacinthe d'eau, une plante reconnue pour son pouvoir filtrant. Combinée à un autre traitement, cette méthode permet aux habitants d'avoir de l'eau potable à proximité."
C'est la Société sénégalaise des scientifiques et ingénieurs au Canada qui a proposé à Benoît Courteau de présenter son projet à la Banque mondiale, dans le cadre du concours Development Marketplace, dont le but est de favoriser l'innovation dans le développement.
Le projet de M. Courteau a été retenu aux côtés de 29 autres, parmi un total de 2500 candidats. Il a reçu le prix Innovation in Water Sanitation and Energy. Services for Poor People. Un budget de 100 000 $ lui a été octroyé pour qu'il puisse poursuivre ses recherches au Sénégal. Ce prix lui a également valu une invitation au siège social de l'ONU à New York, où il a présenté son projet. Il a depuis reçu des demandes de nombreux pays intéressés par le grappin flottant. Si les résultas des recherches sénégalaises sont concluantes, le Fonds pour l'environnement mondial pourrait décider de déployer le projet à l'international.
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