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"Je ne dis pas qu'il n'y a pas de pères qui font des choses dégueulasses, mais la maltraitance auprès des enfants est d'abord une affaire de femmes", estime Jean-Pierre Gagnon. – (Photo: Luc Giard - L'Oeil Régional)

«Un mur de complète indifférence dans la société»

- Jean-Pierre Gagnon

Catherine Bachaalani

L'Œil Régional - 1er octobre 2005

Actualité > Faits divers

Il y a quelques années, Jean-Pierre Gagnon, un résidant de Belœil, a été profondément attristé par le suicide de deux amis qui ont eu des démêlés avec la justice au sujet de la garde de leurs enfants. La situation des hommes au Québec est une cause qui lui tient à cœur. M. Gagnon est de ceux qui n'ont pas la langue dans leur poche et qui n'hésitent pas à s'exprimer haut et fort sur la place publique. En témoignent ses nombreuses lettres d'opinion publiées dans les médias, notamment dans L'Œil Régional, qui ont le don d'aiguiser les réflexes féministes dans l'âme et conscience de toute femme libre, moderne et féministe. En septembre 2004, il écrivait : "Le jeune homme, le moindrement intelligent et sage, constatera rapidement que les lois, la majorité des subventions étatiques et le discours anti-patriarcal fortement médiatisé du puissant lobby féministe tirent à boulets rouges contre les pères.". Plus récemment, en août 2005, il soutenait que "notre système d'éducation produit actuellement avec nos gars des "moumounes", des "Whippets" en série qui, plus tard, feront les délices de nos émules de Lise Payette et de Janette Bertrand."

Il est conscient que ce discours sans nuance peut paraître immensément rétrograde et sans sympathie aucune envers les femmes. Pourtant, lorsqu'il explique son point de vue, Jean-Pierre Gagnon parle de souffrance, de détresse, de violence, même d'amour. Ancien enseignant au primaire et père de trois enfants, dont deux filles qu'il adore, il est catégorique : ce n'est pas contre les femmes qu'il en a, ni même contre le féminisme. C'est contre le féminisme radical. Celui qui, à ses yeux, empêche un homme d'avoir la garde de ses enfants, comme c'est le cas pour Andy Srougy, auteur du récent coup d'éclat sur le pont Jacques-Cartier. Celui qui, croit-il, fait en sorte que les problèmes sociaux vécus par les hommes sont tabous, tandis que ceux des femmes sont exprimés partout et pris en charge par une foule d'organismes.

"Il y a de l'indifférence dans la société face à la cause des pères", souligne-t-il pour expliquer le geste d'Andy Srougy, membre de l'association Fathers-4-Justice. "Ils ont tout, tout, tout essayé pour attirer l'attention avant de faire ça. Les mères occupent trop de place. Il y a des milliers d'hommes qui ont des problèmes avec la garde de leurs enfants. Les pères n'ont pas leur place et il y a une montée de la souffrance, de la détresse chez les enfants", opine-t-il. Il relate par contre que personnellement, il n'a pas vécu des problèmes d'une telle ampleur.

En plus de signer moult lettres d'opinion, il a également publié plusieurs romans-jeunesse. Son plus récent, Un dernier été, a vu le jour au printemps et raconte une histoire de pêche en famille, laquelle aborde la paternité, la mort, le premier amour...

Impliqué depuis quatre ans dans l'organisme l'Après-rupture, il déplore le "mur de complète indifférence face à la situation des hommes au Québec". Il ajoute qu'à ses yeux, il existe une mentalité de victimisation chez les femmes, qui se traduit par des chiffres gonflés sur la violence qui leur est faite, par des attaques incessantes sur le patriarcat, voire par une "castration" des garçons à l'école. Cela dit, M. Gagnon se défend bien d'être misogyne et rappelle que "toutes les femmes ne sont pas comme ça."

"Je ne dis pas qu'il n'y a pas de pères qui font des choses dégueulasses, mais la maltraitance auprès des enfants est d'abord une affaire de femmes. Depuis 1991, plus de 200 enfants ont été assassinés par des mères. Si la société ne se réveille pas, il va arriver un drame."


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