J'ai toujours cru que le tricot et le crochet étaient majoritairement pratiqués par des personnes âgées. J'ai tout de même accepté de participer à une rencontre de Comm'un-Tricot, un groupe fondé il y a quelques semaines par Emmanuelle Arès de Saint-Jean-Baptiste et Wendy Squires de Mont-Saint-Hilaire dans le but d'offrir aux femmes un endroit où tricoter, crocheter et échanger des trucs en toute amitié. Cette rencontre conviviale avec des femmes de divers groupes d'âge m'a fait découvrir un passe-temps beaucoup moins ennuyant que ce que l'on pourrait penser.
Emmanuelle Arès n'a que 31 ans et consacre de nombreuses heures par semaine à sa passion. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier son intérêt pour le tricot. Lorsqu'elle commence à en parler, rien ne pourrait l'arrêter. Et son enthousiasme est contagieux, car elle a su briser mes barrières. Après avoir discuté avec la dizaine de femmes qui se rencontrent un mercredi matin sur deux, j'ai mis la main à la pâte.
Dès que j'ai dit à Mme Arès que j'allais apprendre à tricoter, moi qui n'ai même jamais fait de couture, elle a démontré un grand intérêt à m'apprendre cet art. En fait, elle semblait convaincue que je n'allais plus pouvoir m'en passer. "Je vais te contaminer", m'a-t-elle affirmé.
Au cours de la rencontre, j'ai eu la chance de m'entretenir avec toutes les femmes présentes. Chacune a pu m'expliquer les motifs qui l'amènent à faire du tricot. Pour certaines, c'est un passe-temps de longue date auquel elles consacrent plusieurs heures par semaine, alors que pour d'autres ces rencontres sont les seuls moments où elles pratiquent le tricot. Lorsque je me suis présentée au Centre civique de Mont-Saint-Hilaire, j'ai rencontré des retraitées pour qui le tricot n'a plus de secret, mais également des mamans dans la jeune trentaine qui amènent avec elles leurs enfants qui s'amusent tranquillement pendant qu'elles apprennent comment leur faire des chaussettes ou bien un chandail. Certaines d'entre elles apprécient le crochet, d'autres préfèrent le tricot. Plusieurs concoctent des pièces faciles et rapides à réaliser, alors que d'autres se concentrent sur de petites pièces aux fins détails. Le moins que je puisse dire est que de passer deux heures en leur compagnie permet de se détendre et de s'amuser. Les deux animatrices accueillent autant les débutantes que les plus expérimentées. Même si ce n'est pas un cours, elles prennent plaisir à donner des explications.
Plusieurs de ces femmes étaient enjouées lorsqu'elles ont appris la création de ce groupe, qui est en fait le seul regroupement de tricoteuses de la région. Elles apprécient également le fait de pouvoir assister simplement aux rencontres qui conviennent à leur horaire, sans devoir s'engager pour une session complète. Elles semblaient heureuses qu'une journaliste se déplace afin de faire connaître leur passe-temps. Emmanuelle Arès m'a d'ailleurs dit que leur principal but était de permettre à tous de faire du tricot. "En tricot, les patrons ne sont pas complets. Ceux qui les font tiennent pour acquis que les gens connaissent la technique, car les étapes ne sont pas toutes écrites", m'explique-t-elle.
Bien que les rencontres se déroulent dans une ambiance détendue, les femmes demeurent concentrées sur leurs créations. Elles ont un réel désir de s'améliorer et, pour certaines, de faire plaisir à un membre de leur entourage en consacrant plusieurs heures à la confection d'un vêtement. Certaines tricoteuses pratiquent ce passe-temps dans le but de créer des pièces utilitaires, mais pour d'autres, c'est simplement un moyen de décompresser et d'accroître leur concentration. Certaines d'entres elles m'ont dit qu'elles tricotent souvent devant la télévision et au cours d'une conférence, afin de rester concentrée. Mme Arès était d'ailleurs intarissable au sujet des vertus du tricot.
Afin de permettre à tous de pouvoir participer aux rencontres, un groupe sera bientôt ouvert le soir. Les débutants qui préfèrent suivre un cours peuvent le faire les samedis matin.
Durant la rencontre, Emmanuelle a été patiente et a tenté de m'expliquer les rudiments du tricot. J'avoue ne pas avoir de grand talent pour ce passe-temps, car j'ai eu beaucoup de difficulté à faire quelques mailles. Toutefois, quand j'ai essayé le crochet, elle a tout de suite dit : "On a affaire à une petite Miss Crochet, ici". Elle m'a même dit à la fin de la rencontre que malgré mon inexpérience, j'étais seulement à deux étapes de créer un animal en laine.
Les amateurs de tricot et de crochet peuvent contacter Emmanuelle Arès au 450.714.1426.
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