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Paul Messier et Marc Cournoyer, deux passionnés d’ornithologie. (Photo: Patrick Turgeon)
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l’oriole de Baltimore (Photo: Patrick Turgeon)
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La paruline jaune (Photo: Patrick Turgeon)
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Le bruant chanteur (Photo: Patrick Turgeon)
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Le merle d’Amérique (Photo: Patrick Turgeon)

Sur le sentier des choristes de la forêt

Patrick Turgeon

Les 2 Rives - 15 mai 2007

Culture > Loisirs culturels

La forêt bas-richeloise est remplie de richesses naturelles et habite de nombreuses espèces d’oiseaux, parfois colorées, d’autres fois rares, au grand plaisir de ses visiteurs attentifs. Elle s’offre en spectacle aux amateurs de nature et à ceux qui aiment se lancer à la découverte de la faune et de la flore. Encore faut-il être suffisamment attentif à ses moindres détails, ses mouvements, prendre le temps de les entendre, les voir et en admirer sa beauté. La baie Lavallière, à Sainte-Anne-de-Sorel, est l’un des lieux prédestinés en région pour les amateurs d’ornithologie, ces gens qui prennent plaisir à dénicher l’oiseau rare.

Pour en découvrir véritable richesse, l’être humain doit laisser de côté son rythme effréné de la ville et passer en mode ralenti, se laisser caresser par le vent, se balader au rythme des chants et des mouvements des habitants de cette forêt. Lunettes d’approche en main, l’ornithologue marche lentement dans le sentier écologique du marais d’une longueur de 1,3 kilomètre, écoute les chants des oiseaux, les identifie et tente de les apercevoir, perchés sur une branche d’un de ses géants de la flore. Rien ne sert de courir : il faut d’abord être un fin observateur et prendre le temps de les connaître. L’ornithologue étudie les modes de vie des oiseaux et les rôles qu’ils jouent dans l'écosystème dans lequel ils vivent ainsi que les caractéristiques des espèces. Il les recense pour en favoriser le développement des populations.

Paul Messier est directeur général de la Société d’aménagement de la baie Lavallière (SABL) et véritable passionné d’ornithologie depuis sa jeunesse. La nature est pour lui son deuxième chez soi. Plusieurs fois par année, il prend plaisir à prendre le bois pour observer plusieurs des 150 espèces qui nichent à la baie Lavallière ou y vivent une partie de l’année. «J’adore observer les oiseaux. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. En avril, à la baie Lavallière, on observe principalement de la sauvagine. En mai, ce sont les parulines. Il y a en tout 150 espèces qui ont déjà été observées dans les sentiers de la baie, dont une 50e sont sédentaires. Ce lieu d’observation, le seul vraiment accessible en région, permet un inventaire intéressant aux amateurs d’oiseaux», nous a-t-il confié lors d’une sortie en forêt, tôt vendredi matin.

En quelques minutes, on a observé une paruline jaune, un oriole de Baltimore, un merle d’Amérique, un carouge à épaulettes, un bruant des marais, un bruant chanteur, un tyran huppé et une hirondelle bicolore. Plus loin, un couple de canard colvert prenant un bain de santé, un chevalier solitaire se baladant sur la rive de la rivière Yamaska et un grand héron en plein vol. «Être méthodique, observateur, avoir une bonne ouïe et une grande patience sont autant de qualités nécessaires à l’ornithologue. Il faut s’attarder aux moindres petits détails de l’oiseau afin de bien l’identifier : sa grosseur, ses couleurs, la forme de son bec et de ses yeux. Il faut avoir des points comparatifs pour distinguer chaque espèce», a renchéri M. Messier, tout en rappelant que le sentier de la SABL est ouvert à l’année. L’accès est gratuit.

Après le départ du représentant du journal, l’ornithologue Paul Messier a aperçu en après-midi, pour la première fois dans la région, un viréo aux yeux blancs. Sa découverte sur les terrains de la SABL a rapidement fait le tour des connaisseurs ornithologues québécois, de sorte que plusieurs d’entre eux provenant de Québec et de Montréal sont venus le voir, samedi.

Cet oiseau voyageur, que l’on retrouve dans l'est des États-Unis, migre toujours vers le sud en saison hivernale où il peut retrouver des régions boisées et humides, a-t-on appris, dimanche.

Son confrère ornithologue, Marc Cournoyer, lui aussi «en amour» avec les oiseaux depuis 25 ans, adore se retrouver dans la nature et observer les oiseaux dans leur milieu. Dans les sentiers de la Maison du Marais de la SABL, il observe avec son œil de lynx chaque petit détail qui lui est permis de voir. «Une sortie en forêt, c’est l’occasion pour moi d’analyser les oiseaux dans leurs habitats et de recenser les types d’oiseaux et d’habitats présents dans la région. Selon les différents milieux, on peut ensuite plus facilement les trouver en forêt et les observer. Ce qui a d’intéressant, c’est que peu importe où l’on se trouve, il y a des oiseaux au-dessus de notre tête», a-t-il dit, tout en soulignant que la forêt du Parc plein air de Sorel-Tracy est l’autre lieu en région principalement fréquenté par les ornithologues bas-richelois.

Un loisir accessible

Dans la région, l’ornithologie intéresse bon nombre de personnes. D’une part, une centaine de personnes sont membres du Club d’ornithologie de Sorel-Tracy, un club engagé et dynamique qui a pour mandat la mise en valeur et la protection de la faune ailée de sa région. Ces passionnés d’observation partagent leur intérêt pour la faune aviaire. Une bonne façon de s’intéresser encore plus vite à la vie des oiseaux. Il y a aussi ceux qui, sans cadre précis bien qu’ils soient des ornithologues assidus, sont à la recherche de belles espèces.

Car pour pratiquer l’ornithologie, il n’est pas nécessaire d’être grandement équipé pour y trouver un certain plaisir, conviennent les deux amants de la nature. Il suffit de posséder de bonnes lunettes d’approche, une bonne paire de souliers de marche et le livre «les Oiseaux du Québec», écrit par Jean Paquin et Ghislain Caron, un livre de chevet pour les ornithologues. Enfin, les plus mordus se procureront un télescope et un trépied afin de mieux observer les oiseaux les plus timides, qui se tiennent plu loin, à l’abri de tous les regards… ou presque!


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