Partis avec l'idée que les Cubains étaient opprimés par la dictature communiste, quelque 30 élèves et trois enseignants de l'école secondaire de La Madgeleine à La Prairie ont découvert un peuple chaleureux et accueillant.
"Ce sont des gens faciles d'approche. On s'attache facilement à eux. Ç'a été un crève-cœur de partir", a remarqué Catherine Groulx, rencontrée mercredi avec son groupe.
Au cours de leur séjour humanitaire d'une quinzaine de jours, du 19 février au 5 mars, ils ont visité la Havane pendant quatre jours. Le reste du voyage a été consacré au travail dans les champs, au désherbage du potager, à l'enseignement du français dans les classes et à la restauration de manuels scolaires endommagés dans le petit village d'Ismaelillo. L'après-midi, ils en profitaient pour visiter les alentours. Le tout était organisé par Aro international, spécialisé dans la coopération sur l'île caribéenne.
Les trois années de cours d'espagnol ont grandement servi aux élèves qui ont ainsi pu communiquer aisément avec les habitants. Si leurs préjugés de départ ont été renversés, le résultat a été similaire du côté de leurs hôtes.
"Une Cubaine m'a raconté qu'elle s'attendait à ce qu'on fasse "j'ai de l'argent", raconte une participante. Finalement, elle a avoué qu'elle était bien contente de nous avoir connus pour se rendre compte que nous étions des gens bien. Ç'a changé sa perspective des Canadiens."
Les adolescents affirment que le plus gros choc culturel a été celui qu'ils ont ressenti de retour au pays devant l'abondance des ressources. Ainsi, le voyage a changé leur perception de la réalité.
En rigolant, ils ont évoqué leur expérience des toilettes publiques, qui n'avaient en général pas de siège et dont la porte arrivait au niveau du cou. À Ismaelillo, un rideau de douche faisait office de paravent dans les lieux d'aisance. Or, lorsqu'un coup de vent s'engouffrait par la fenêtre ouverte, ç'en était fini de l'intimité.
"On s'est aperçus que tout est relatif. Les choses qui sont acquises ici nous procuraient un bonheur immense là-bas, raconte une élève. Quand on finissait une boîte de Pringles, on la gardait pour en sentir l'odeur après."
Il faut dire que le menu était assez restreint là-bas. Riz brun ou blanc à toutes les sauces, légumineuses, chou et tomates étaient de la partie à presque tous les repas sauf au déjeuner, qui était constitué de deux pains de blé accompagnés de mayonnaise.
S'ils n'avaient amené que deux shorts et quatre chandails, les participants avaient gonflé le reste de leur bagage de provision à remettre aux Cubains dont un bidon d'huile chacun, de la farine et autres victuailles. Ils sont revenus en sandales après avoir laissé leurs souliers là-bas en guise de cadeau de remerciement.
"Chaque chose nouvelle était un émerveillement et le rythme de vie est tellement moins stressant. Si je pouvais, j'y retournerais n'importe quand, demain matin si possible", a confié une des voyageuses.
Ajoutez votre commentaire
Devenez membre pour ajouter un commentaire