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Se battre contre un géant

Isabelle Croteau

L'Œil Régional - 6 septembre 2008

Éditoriaux > Billet / Éditorial

Au mois de février, L’Œil Régional a fait la une avec une histoire particulièrement incroyable; une famille de Mont-Saint-Hilaire aurait été infectée par la maladie de Lyme. Une maladie inconnue qui pourtant, aux États-Unis, dépasse les 20 000 nouveaux cas chaque année et dont tout le monde parle là-bas. Ici, pas un mot ou presque. Et pourtant, ce sont nos proches voisins.

Caroline Carrier et ses deux enfants prétendent avoir été piqués par des tiques porteuses de la maladie de Lyme en décembre 2006. Depuis, ils se battent auprès des autorités médicales québécoises pour le prouver et pour recevoir les soins appropriés. Chaque fois, on leur répondait que la tique ne pouvait survivre à l’hiver québécois et que c’était impossible qu’ils aient contracté la maladie de Lyme à Mont-Saint-Hilaire. Point à la ligne.

Eh bien récemment, le laboratoire de la Santé publique du Québec a publié un rapport préliminaire confirmant qu’il était possible d’attraper la maladie de Lyme au Québec, et tenez-vous bien, plus particulièrement en Montérégie. Des tiques identifiées dans la région, certaines étaient porteuses de la bactérie. Caroline Carrier n’avait pas la berlue.

Contrairement à ce que l'on croyait, les tiques que l’on retrouve dans la région sont immatures, ce qui laisse supposer qu’elles se sont reproduites ici, malgré l’hiver québécois. Et c’est ce qui est le plus inquiétant.

La maladie de Lyme, transmise par une tique, est causée par une bactérie appelée Borrelia burgdorferi et peut conduire à l’invalidité si elle n’est pas traitée. La bactérie s’attaque entre autres aux articulations, au cœur, au système neurologique.

Par exemple, les enfants de Caroline Carrier étaient atteints d’arthrite et n’allaient plus à l’école. Les maladies se succédaient les unes après les autres. Faute de soins, la famille a décidé d’aller se faire soigner aux États-Unis plutôt que de se laisser détériorer dans les couloirs des hôpitaux du Québec. Chez nos voisins du Sud, pourtant, dès qu’un être humain est piqué, il est traité.

Mais il ne faut pas partir en peur. Seulement 91 tiques portaient la bactérie sur les quelque 2500 tiques examinées. Le rapport indique que "la faible proportion de tiques et de souris positives pour Borrelia burgdorferi semble indiquer un faible risque actuellement pour l’humain". Quoique les risques de contracter cette maladie sont faibles, il faut savoir qu'elle existe. C’est important de le savoir parce que c’est en parlant que les personnes piquées par des tiques sauront reconnaître les signes de la maladie.

Des gens comme Caroline Carrier et ses enfants le savent depuis plus d’un an et demi, mais personne ne voulait les écouter. Espérons maintenant que le système de santé québécois leur prêtera l’attention qu’ils méritent, et qu’ils soient dédommagés pour le coût des soins qu’ils ont reçus aux États-Unis et qu’ils reçoivent toujours.

La famille n’est pas encore tout à fait guérie, mais elle va mieux. Ils prennent des antibiotiques depuis près d'un an et demi. Les enfants sont retournés à l’école. Ils ont retrouvé une vie normale. Même si maintenant on reconnaît l’implantation de la maladie de Lyme au Québec, cela ne changera rien à la situation de la famille de Mme Carrier. Après une longue bataille contre les autorités médicales québécoises, cette nouvelle, tant attendue, doit tout de même laisser un goût amer dans la bouche.

***

En parlant de grand combat, le scénariste montréalais Claude Robinson a entamé le plus gros de sa vie cette semaine, après plus de 13 ans d'attente. Claude Robinson affirme que la série télévisée pour enfants "Robinson Sucroë", diffusée dans plus de 120 pays, est un plagiat d'une de ses œuvres, "Robinson Curiosité". Ce dernier affirme avoir toutes les preuves pour faire valoir ses droits sur la série pour enfants.

Seul, il s'attaque à Cinar et à ses deux dirigeants de l'époque, feu Micheline Charest et Ronald Weinberg, le scénariste français Christophe Izard, France Animation et neuf autres personnes et firmes. Les élèves de cinquième secondaire ont fait la rencontre de l'auteur en mai dernier, dans le cadre du cours "Éthique et médias" à l'école Ozias-Leduc à Mont-Saint-Hilaire. Des preuves, il en a montrées et je sais que les jeunes qui ont fait sa connaissance suivront avec intérêt le déroulement de ce procès qui met en vedette les gros de l'industrie, contre un homme qui n'a pas peur de la vérité.


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