L'entrepreneur de Delson était à six tours du drapeau à damier lorsque le moteur de sa Honda Civic 1999 a rendu l'âme, le 27 mai.
"C'était un moteur usagé. Celui que je préparais pour le véhicule n'était pas encore prêt", explique-t-il.
Le second pilote de l'écurie de course Noredline motorsports (du nom de l'entreprise de M. Lapierre), Marie-Ève Lemoine, a connu un meilleur sort. Celle qui est aussi la conjointe du pilote a franchi la ligne d'arrivée en 7e position.
Après cette première journée de course, Mme Lemoine a pris une décision importante. "Étant donné que j'ai terminé la course du samedi, j'ai décidé de prêter ma voiture à Alexandre, ce qui lui a permis de marquer des points le dimanche", dit-elle.
Visiblement touché par ce geste, le coureur automobile n'a pas gaspillé sa chance. "Je suis parti 24 e sur la ligne de départ, décrit M. Lapierre, qui spécifie que les bolides des séries GTU, GTO, GTX courent en même temps sur la piste. J'ai fini la course en 14e position, mais ça me donne une 6e place dans ma catégorie."
Au terme de leur fin de semaine de course, les deux pilotes se disaient impressionnés par le design du circuit. "C'était ma toute première expérience au Mont-Temblant et cette piste est relativement intimidante. J'avais roulé que sur des pistes de plus petit gabarit avant la classique", s'exclame Mme Lemoine.
"Le circuit est très rapide. Il a une distance de 4,2 km qu'on parcourt en deux minutes. Notre vitesse moyenne est de 150 km/h et on atteint 200 km/h en pointe", décrit M. Lapierre qui se spécialise dans la préparation et l'ajustement de véhicule de course.
"Il y a aussi une courbe aveugle en hauteur qui se prend à 150 km/h. C'est proche du dérapage!", ajoute-t-il.
Le couple n'avait pas d'attente lors de ce premier week-end de course. Il désirait plutôt acquérir de l'expérience. "Je me suis inscrite au championnat GTU pour apprendre, et surtout, pour prendre de l'expérience en course et m'amuser", souligne Mme Lemoine.
"Nous étions présents vraiment plus pour le plaisir que pour monter sur le podium", note son conjoint qui veut redorer le blason des conducteurs de Honda Civic. Il suggère d'ailleurs aux jeunes casse-cou de canaliser leur énergie sur des circuits organisés.
Fiers de leurs premiers résultats, les deux comparses visent toutefois une place parmi les meilleures recrues de l'année, et ce, même s'ils ne se sont pas présentés aux deux premiers rendez-vous de l'année parce que leurs bolides n'étaient pas prêts.
En série GTU (moteur de trois litres et mois), GTO (trois à cinq litres) et GTX (cinq litres), le budget est libre et aucune contrainte n'est imposée aux coureurs. Ainsi, plus une équipe investit dans son véhicule, plus ses performances augmentent.
Le couple a mis plus de 75 000 $ dans l'écurie. Par exemple, un châssis automobile coûte à lui seul environ 5000 $ et le groupe motopropulseur vaut 10 000 $ par bolide.
En plus de l'achat de matériel coûteux, une bonne équipe de course doit être en mesure de bien ajuster son véhicule. Pour ce faire, l'écurie Noredline motorsports a un atout de taille : elle a accès à un dynamomètre, une console qui mesure la puissance du moteur.
"Des machines comme celle-là, il y en a seulement quatre au Québec. En Montérégie, il y en a encore moins, et on peut analyser n'importe quel type de véhicule jusqu'à 800 hp", spécifie M. Lapierre.
Une fois les données fournies par le dynamomètre, l'équipe peut faire des réglages paramétriques (calage, allumage et admission air/essence) en modifiant les données de l'ordinateur d'origine du véhicule.
Ça ressemble en tout point à ce que font les écuries de Formule 1. "On se fie sur les grands pour faire nos réglages", dit-il candidement.
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