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Le retraité de l'enseignement a eu toute une surprise au printemps lorsque l'école a baptisé la salle de spectacles à son nom.

Richard Sauvageau : l'homme derrière le rideau

Normand Laberge

Le Reflet - 3 septembre 2005

Culture > Divers

DELSON - Personne n'est plus humble que Richard Sauvageau.

Si les spectacles présentés à l'auditorium de La Prairie connaissent du succès depuis 20 ans, ce n'est pas à cause de lui. C'est le résultat d'un travail d'équipe, dira-t-il. Reste que l'homme derrière le rideau, c'est lui.

"Je n'ai jamais aimé être sous les feux de la rampe, a-t-il avoué. Si je m'occupe bénévolement des spectacles à La Magdeleine, c'est pour les étudiants."

Celui qui vient de prendre sa retraite de l'enseignement a eu toute une surprise au printemps lorsque l'école a baptisé la salle de spectacles à son nom.

"C'est une belle marque de reconnaissance, a-t-il noté. Je ne m'attendais vraiment pas à ça. Il faut croire que les gens apprécient ce que je fais depuis 20 ans."

Bien qu'il soit à la retraite, il continue de s'impliquer dans l'organisation de spectacles, le temps de préparer la relève.

S'il a un conseil à donner à ses successeurs éventuels, c'est de ne jamais oublier que la présentation des spectacles à La Prairie n'ont qu'un objectif : améliorer la qualité de vie des étudiants.

"Au début, les objectifs étaient plutôt modestes, s'est-il rappelé. Entre quatre et cinq spectacles étaient présentés par année. Ils servaient à financer quelques activités, telles le journal et la radio étudiante. Par la suite, c'est devenu plus important. Le nombre de spectacles a doublé. Il a permis au fil des ans de doter l'école de toute l'infrastructure culturelle que l'on connaît : système de son, éclairage, etc."

Bien qu'il ne les aient jamais comptés, M. Sauvageau estime qu'environ 200 spectacles ont été présentés à ce jour à l'école depuis le début des années 1980. Un chiffre impressionnant compte tenu que cet auditorium n'est pas le Théâtre Saint-Denis ou la Place des arts.

"Je n'ai jamais eu de commentaires négatifs, a-t-il précisé. Au contraire, plusieurs artistes se sont souvent montré impressionnés par la qualité de la sonorisation de la salle. C'est le cas d'Yvon Deschamps, notamment."

Idem pour le public. Selon lui, plusieurs artistes lui ont fait savoir qu'ils appréciaient l'auditoire de La Prairie, des spectateurs qu'il qualifie de chaleureux. L'humoriste Claudine Mercier lui a déjà dit qu'elle considérait La Prairie et Joliette comme ses deux endroits préférés.

"Le chanteur Richard Séguin en est un autre qui a toujours aimé chanter ici, a indiqué M. Sauvageau. D'ailleurs, il n'y a pas de meilleur ambassadeur que lui. Partout où il est question de La Prairie, il ne cesse de dire que c'est un bel endroit."

Sachant cela, il n'est pas surprenant d'apprendre que Richard Sauvageau a fait ses frais dans tous les spectacles qu'il a organisés, sauf un. Et encore, il estime avoir appris de ses erreurs puisqu'il n'a jamais par la suite signé un artiste sans s'assurer d'un délai raisonnable pour vendre des billets.

Le spectacle de l'illusionniste Gary Kurtz est d'ailleurs celui où les billets se sont vendus le plus rapidement, soit en 20 minutes. Son spectacle était à peine annoncé que les amateurs se ruaient dans les différents points de vente, d'où l'ajout d'une supplémentaire à l'automne.

Coup de coeur

De tous les spectacles présentés à l'auditorium, M. Sauvageau considère que celui de Zachary Richard lui a procuré le plus de satisfaction. "C'est de loin mon plus beau coup de cœur", a-t-il indiqué. Le spectacle des Cowboy fringants ne l'a pas non plus laissé indifférent.

Les spectacles d'humour sont ceux qui ont été les meilleurs vendeurs. Encore aujourd'hui, un Mario Jean se vend beaucoup plus facilement qu'une pièce de théâtre ou une Lara Fabien, sans vouloir dénigrer le talent de la chanteuse.

Les humoristes ont été à ce point présents qu'on peut compter sur les doigts de la main ceux qui ne sont pas venus à La Prairie. Même André-Philippe Gagnon est monté sur les planches de l'auditorium.

"Son spectacle remonte à ses débuts dans les années 1980, a-t-il noté. Je me rappellerai toujours, il avait accepté de le faire pour seulement 1000 $."

Au fil des ans, les gens ont eu droit à Lise Dion (10 fois), le Groupe Sanguin, Mario Jean, Jean-Michel Lanctil, Daniel Lemire, Marc Dupré, Peter MacLeod, Claudine Mercier, François Léveillée, François Morency, Martin Matte et même Rock et Belles Oreilles.

Du côté musique, outre Zachary Richard, les spectateurs ont notamment pu entendre Paul Piché, Richard Séguin, Kevin Parent, Luc De La Rochelière et Laurence Jalbert.

Du côté théâtre, plusieurs se rappelleront entre autres les prouesses de Marcel Leboeuf, Normand Chouinard et Marcel Forget.

Quant à savoir si des artistes ont certaines exigences, M. Sauvageau n'a pas voulu trop élaborer. "Secret professionnel", a-t-il blagué.

Cependant, il se rappelle que Michel Forget a déjà exigé d'avoir un téléviseur durant l'entracte pour écouter le hockey. Il se souvient également avoir vu Laurence Jalbert craquer avant un spectacle. Un petit verre de cognac a suffi à la remettre sur les rails.


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