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Les_enfants_du_CPE_Pierrot_la_Lune_rigolent_tout_en_pratiquant_la__technique_de_la_poubelle_
Les enfants du CPE Pierrot la Lune rigolent tout en pratiquant la "technique de la poubelle".
Le_programme__Pouvoir_aux_toutpetits__change_de_mains_Passage_symbolique_du_flambeau_entre_Josee_Beaudin_coordonnatrice_de_l_initiative_123_GO_Longueuil_et_Claudette_PitreRobin_directrice_du_RCPEM
Le programme "Pouvoir aux tout-petits!" change de mains! Passage symbolique du flambeau entre Josée Beaudin, coordonnatrice de l'initiative 1,2,3, GO! Longueuil, et Claudette Pitre-Robin, directrice du RCPEM.
Des_conferences_sont_donnees_aux_parents_pour_les_informer_du_projet
Des conférences sont données aux parents pour les informer du projet.

Le programme «Pouvoirs aux tout-petits!» leur donne les outils nécessaires

Prévenir les enfants pour guérir leur avenir

Marilyn Veillette

Le Journal de Saint-Bruno - 12 mai 2007

Actualité > Faits divers

Fusillade à Dawson, et récemment à Virginia Tech, la violence est devenue une nouvelle réalité en milieu scolaire. Lorsqu'on pense à ces tristes évènements, on se demande comment un jeune peut en arriver là. Un projet-pilote local qui prend les choses en main et fait de la prévention chez les jeunes enfants prend un nouvel envol dans les Centres de la petite enfance (CPE) de la Montérégie.

Depuis déjà quatre ans, les CPE et les organismes communautaires de la famille de Longueuil bénéficient du projet "Pouvoirs aux tout-petits". Un programme qui vise à prévenir les enfants âgés de 4 à 5 ans en CPE contre certaines agressions. À travers une série d'ateliers, le projet-pilote a fait ses preuves pour aider à enrayer la violence dans le monde de la petite enfance.

"Pouvoirs aux tout-petits!" a été créé grâce à l'initiative du groupe communautaire 1,2,3, GO! Longueuil et du CPE Pierrot la lune. Ils avaient identifié le besoin de protéger les enfants face à de futures agressions verbales. Avant que le programme ne se déploie à travers la Montérégie, il a été soumis à une évaluation d'impact. Ainsi, une chercheuse de l'Université du Québec à Montréal, Sylvaine Raymond, s'est associée au projet pour en faire le rapport. Ce dernier démontre les impacts positifs du programme auprès des enfants touchés. La coordination du projet est maintenant cédée au Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM) pour un plus grand déploiement. Déjà 32 CPE ou organismes ont suivi les étapes du programme de prévention. La responsable du dossier au RCPEM, Manon Nadeau, précise que le réseau des CPE croit à la pérennité de ce type d'interventions. Le réseau désire intégrer les pratiques quotidiennes du programme à l'ensemble de la région montérégienne.

Le RCPEM travaille depuis plus de 30 ans à la défense des droits et du respect des enfants. La directrice générale du RCPEM, Claudette Pitre-Robin, constate qu'il est nécessaire d'intervenir très tôt dans la vie des enfants. Ces interventions visent à leur apprendre différentes techniques de protection face à l'inconnu par l'affirmation d'eux-mêmes. Il ne faut pas se cacher que les enfants passent à travers différentes humiliations dans les cours d'écoles. "Pouvoirs aux tout-petits!" veut justement répondre à cette inquiétante réalité en leur fournissant les instruments nécessaires pour leur sécurité.

"Pouvoir aux tout-petits" a déjà permis de rejoindre 1008 jeunes enfants et 519 intervenants, éducatrices et parents de la région de Longueuil, Saint-Bruno, Brossard, Saint-Basile et Boucherville. Le CPE Les Mousses du Mont à Saint-Bruno a bénéficié du programme l'année dernière. Au tout début, une formatrice rencontre les parents pour bien leur expliquer les démarches du programme. Elle anime par la suite les ateliers pour les enfants.

"C'était très apprécié! Les enfants avaient des réponses surprenantes. Cela leur donnait plusieurs outils pour faire face à différentes situations difficiles", explique la directrice pédagogique du CPE Les Mousses du Mont, Sylvie Martel.

Elle espérait que les animateurs reviendraient cette année. Même si elle n'a pas eu cette chance, elle précise que ses éducatrices continuent de discuter des concepts appris pour préparer les enfants au milieu scolaire. Les ateliers mis sur pied pour les tout-petits suscitent leur intérêt.

"Les enfants reçoivent des mots gentils sur papier qu'ils peuvent placer dans leur cœur. Alors que pour les mots qui blessent, ils ont le pouvoir de les jeter à la poubelle", se souvient Sylvie Martel qui spécifie que tous les ateliers s'enchaînent avec beaucoup de respect et de politesse. "Arrête, s'il vous plaît", c'est la formule douce que les jeunes utilisent pour se faire comprendre lorsqu'ils se sentent agressés. Si les gestes ou les paroles déplacés se poursuivent, l'enfant dit "Arrête!", et peut diminuer ses marques de politesse.

Ce programme vise à aider les enfants à long terme. Une mère de famille de Saint-Bruno, Johanne Asselin, a suivi les conférences et a trouvé l'expérience très bénéfique autant pour elle que pour sa fille : "Laura a suivi ces ateliers l'année dernière et a très bien réagi. Cela lui a donné de bons moyens et un bon vocabulaire pour se faire comprendre. Elle se sert encore aujourd'hui de ce qu'elle a appris."

En tenant compte des violences verbales et autres agressions que peuvent subir les enfants, une approche dès leur plus jeune âge pour les sensibiliser à cette réalité ne peut qu'en être bénéfique.

Des tragédies comme celles du Collège Dawson peuvent sûrement être évitées avec des ressources telles que "Pouvoirs aux tout-petits!". Bien entendu, le problème peut aller plus loin que cette violence en milieu scolaire. Un désordre psychologique, des problèmes familiaux ou sociaux peuvent être à la base de ces tristes évènements. Mais le RCPEM tient à poursuivre ce programme et à faire sa part dans le vaste territoire de la Montérégie pour aider les jeunes à enrayer et à se défaire de toute cette violence. De cette façon, il espère que la société n'aura plus à se poser ces malheureuses questions à la suite d'évènements tragiques : comment un jeune peut-il en arriver à de pareils gestes? Combien d'humiliations et d'actes de rejet a-t-il supportés? Était-ce la seule solution possible à ses yeux?


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