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Pour plusieurs jeunes, l'entrée en secondaire I apporte son lot de stress. Ne pas être en retard tout en ayant à changer de classe et à retourner à son casier figure parmi les préoccupations de ce début d'année scolaire. (Photo Andrew Clark)
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Audrey Gilbert a eu un peu d'appréhension avant d'entamer son secondaire. Le stress l'a même empêchée de dormir. (Photo Nathalie Simon)

Premiers pas stressants au secondaire

Nathalie Simon

Le Soleil de Châteauguay - 15 septembre 2007

Actualité > Faits divers

"Les premiers jours avant de commencer l'école, j'avais de la misère à dormir la nuit", raconte Audrey Gilbert. L'adolescente de 12 ans a fait son entrée en secondaire I. Comme plusieurs autres jeunes de son âge, elle appréhendait le passage du primaire au secondaire.

"Je ne savais pas à quoi m'attendre et puis, j'avais entendu plein de choses négatives sur l'école. Maintenant que j'ai commencé, les choses vont mieux, mais c'est sûr que ça demande beaucoup d'organisation", commente la jeune fille.

Psychologue scolaire à la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, Colette Hébert explique qu'il est normal de vivre une période de stress lorsqu'on vit un changement important.

"Tout le monde vit du stress en période de changement, les adultes comme les enfants. Le jeune qui commence le secondaire doit s'adapter à une nouvelle école et à un nouveau mode d'opération. Il doit aussi composer avec plusieurs professeurs qui ont des exigences différentes. Ça fait beaucoup en même temps", indique-t-elle.

Elle ajoute qu'il est important de bien préparer son enfant à son entrée au secondaire.

"Il faut rétablir la routine de l'école avant la fin des vacances. Les jeunes ont besoin de dormir. Au secondaire, les périodes sont plus longes, les jeunes se fatiguent. Ils n'ont plus de période pour jouer dehors comme au primaire", dit-elle.

"On croit souvent à tort que nos jeunes ados sont assez grands et qu'ils n'ont plus besoin de nous. C'est sûr qu'ils doivent faire preuve d'autonomie et qu'ils doivent être fonctionnels, mais ils ont aussi besoin d'être rassurés, mais pas d'être surprotégés", soutient Mme Hébert.

Selon elle, l'apport parental est essentiel.

"Les parents peuvent encourager leur enfant, l'aider à verbaliser, à dédramatiser ce qui pourrait être perçu comme négatif. Bien souvent, on se rend compte que la peur contribue à grossir certains événements : en parler permet de relativiser", indique la psychologue.

"Les parents doivent s'intéresser à l'école, participer aux rencontres de parents. Ils doivent aussi donner une image positive de l'école à leur enfant. Un parent qui n'a pas aimé l'école et qui transmet cette aversion à son enfant, ce n'est pas très aidant."

Pour la psychologue, il est important que le jeune ait un bon réseau d'amis, qu'il soit bien entouré. "Si votre enfant est toujours tout seul, c'est mauvais signe."

Quand s'inquiéter

"Maxime a pleuré pendant deux jours avant la rentrée tant son passage au secondaire lui faisait peur. Heureusement que les choses se sont tassées depuis. J'étais assez inquiète", raconte sa mère, Martine Dubois.

Selon Colette Hébert, le stress normal s'atténue au bout de deux ou trois semaines. Les parents devraient toutefois s'inquiéter et commencer à mobiliser le personnel scolaire si la situation perdure et que des symptômes comme l'insomnie, des malaises physiques, l'absentéisme, des pleurs ou une mauvaise humeur inhabituelle apparaissent chez leur enfant.

"Après une quinzaine de jours, les choses rentrent habituellement en ordre. Le jeune a fait connaissance avec l'école, ses règlements et sa routine. S'il continue à démontrer des signes importants de stress, c'est clair qu'il faut agir. J'ai vu des enfants complètement paralysés par la peur et le stress. Des jeunes qui pleuraient dans la cour d'école", indique la psychologue scolaire.

"Toutes les écoles ont des services d'aide, des psychologues, des éducateurs, des travailleurs sociaux. Les enseignants et la direction sont aussi des acteurs de premier plan. Tout ce monde est là pour aider le jeune à cheminer. Mais on a besoin des parents. Ce sont eux qui connaissent leur enfant et qui sont le plus à même de remarquer si quelque chose ne va pas et d'en informer l'école", conclut Colette Hébert.


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