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Selon le coordonnateur de ce département au cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, Robert Lupien, le nombre de candidats à ce diplôme d’études collégiales (DEC) d’une durée de trois ans ne cesse de décroître depuis plusieurs années.
«Tous les établissements scolaires de niveau collégial et universitaire font face à cette problématique au Québec, a-t-il expliqué. Une étude de Microsoft a prouvé que c’est une situation qui touche également les États-Unis.»
Alors que 3 000 inscriptions étaient enregistrées dans le secteur de l’informatique en 1996 au Québec, une étude datant de 2005 démontrait que deux fois moins de candidats soumettaient leur candidature, soit 1 100 étudiants.
Ainsi, ce cégep forme de moins en moins de programmeurs analystes, ce qui a pour effet de créer un manque sur le marché du travail. Seulement 35 étudiants suivent présentement une formation en première année de parcours, tandis que seuls 18 d’entre eux seront diplômés à la fin de la présente session.
«Il y a eu un creux notable en l’an 2000, un genre de désintéressement pour la profession, a noté M. Lupien. On a toutefois remarqué une légère amélioration dans les années suivantes, mais sans plus.»
L’image que se font les futurs étudiants des technologies de l’informatique pourrait y être pour quelque chose. «On a encore souvent l’impression que ceux qui pratiquent ce métier sont renfermés et asociaux, ce qui peut être moins attirant pour certains», a-t-il souligné.
Sandra Neveu, une résidante de Saint-Constant, enseigne à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 20 ans. «L’informatique est peut-être encore vu comme une bête noire qui ne s’adresse qu’aux nerds, estime-t-elle. Pourtant, les perspectives d’avenir qu’elle offre sont très alléchantes et méritent d’être envisagées par les finissants.»
Puis, il y a le fait que l’ordinateur est devenu un passe-temps plus qu’un simple outil de travail. On ne voit plus l’informatique de la même façon puisqu’elle est maintenant associée aux jeux, aux échanges entre amis et aux recherches sur le Net. Les étudiants ont peut-être moins envie de se retrouver devant cet appareil pour des raisons professionnelles.
«Il y a plusieurs années, étudier dans ce domaine représentait un défi puisque les technologies étaient nouvelles et que tout semblait à faire, a mentionné le coordonnateur. Pourtant, les programmeurs analystes que nous formons peuvent se retrouver dans des domaines informatiques où il y a encore matière à créer et découvrir, telles les industries du multimédia et de la création de jeux vidéo.»
«C’était autrefois la grande voie en raison des technologies de l’époque. Elle l’est toujours! Il est faux de croire que ce secteur n’a plus rien à offrir, au contraire. L’avenir est dans le multimédia», a aussi dit Mme Neveu.
Selon M. Lupien, le marché du travail enregistre aussi un manque criant de spécialistes en raison du fait que les finissants du cégep poursuivent leurs études supérieures en s’inscrivant à l’université, même s’ils ont un DEC en main.
«C’est le même phénomène que pour le faible taux d’inscription. Si ceux qui pourraient se trouver un emploi aujourd’hui décident de se perfectionner pendant deux ou trois autres années, l’industrie s’en ressent rapidement. D’autant plus que le départ massif de baby-boomers projeté sous peu fera en sort que la situation pourrait se détériorer davantage», a-t-il indiqué.
«La clientèle a beaucoup changé avec le temps, a-t-elle mentionné. Les critères d’admissibilité ont été modifiés et les futurs étudiants doivent avoir complété leurs mathématiques 536 (niveau plus élevé que le régulier) pour s’inscrire au programme. Certains le font tout de même, mais doivent prendre un cours de mise à niveau offert une session sur deux, ce qui retarde un peu leur formation principale», souligne Mme Neveu en guise d’explication.
En raison de la pénurie, tous les diplômés du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu décrochent un poste dans une entreprise dès qu’ils quittent les bancs d’école, ou même quelques mois avant. «Nous ne sommes pas en mesure de fournir assez de stagiaires pour les besoins de certaines compagnies», a révélé M. Lupien.
Présentement, le métier d’ingénieur en informatique est classé au 8e rang des 10 professions dont les perspectives sont les plus favorables dans la région de Montréal, représentant l’une des meilleure carrière à choisir au cours des prochaines années.
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