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Sylvain Bilodeau a installé une tour de 52 pieds dans la cour de sa résidence il y a deux ans (photo: Martin Grenier/PPM)
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M. Bilodeau possède un permis spécial d'Industrie Canada (photo: Martin Grenier/PPM)

Pas de tour dans ta cour!

Nathalie Côté

La Seigneurie - 14 août 2004

Actualité > Faits divers

Sylvain Bergeron, un radioamateur de Varennes, se bat actuellement contre la Ville afin de pratiquer son loisir. Le problème, c'est que la tour de 52 pieds installée dans sa cour arrière a suscité des plaintes du voisinage.

La majorité des radioamateurs n'ont pas besoin de telles installations. C'est que M. Bergeron possède un permis spécial d'Industrie Canada pour utiliser des fréquences nécessitant des antennes en hauteur.

"J'ai demandé à mes voisins immédiats qui m'ont dit que ça ne les dérangeait pas. Ce sont donc des gens qui n'habitent même pas à côté de chez moi qui se sont plaints. Ce qui les dérange, c'est la hauteur de ma tour, c'est une histoire de pollution visuelle. Pourtant, rien n'est prévu dans la réglementation à ce sujet. Ce qu'on me dit, c'est que des tours sont permises pour les antennes de télévision seulement puisque les antennes pour les télécommunications ne sont pas mentionnées", indique M. Bergeron.

Après deux avis d'infraction, le radioamateur a donc retiré ses antennes et installé une antenne de télévision afin de "sauver sa tour". "J'ai d'ailleurs une lettre de la Ville me confirmant que mon installation est conforme. J'ai proposé aux autorités de réduire la hauteur de ma tour. On m'a dit que ce serait apprécié mais que je ne pourrais toujours pas y mettre autre chose qu'une antenne de télévision", raconte-t-il.

À la Ville, on explique que la réglementation date des années 60. "À l'époque, les petites coupoles très fréquentes maintenant n'existaient pas. On permettait donc un bâti pour y mettre une antenne de télévision et cette disposition n'a jamais été changée au fil des ans. Les usages qui ne sont pas explicitement autorisés dans le règlement sont interdits", précise Alain Bilodeau, directeur du service de l'urbanisme.

Néanmoins, il admet que ce n'est pas l'usage des antennes mais bien la hauteur de la tour qui pose problème. "C'est un secteur résidentiel unifamilial, on voit très bien la tour et on a reçu des plaintes du voisinage. Le service de l'urbanisme va d'ailleurs proposer bientôt un règlement pour encadrer tous les types d'antennes. Ce citoyen en sera informé. Il va jouir d'un droit acquis pour son antenne de télévision mais devra s'y conformer pour ses antennes de radioamateur. Nous voulons trouver une solution acceptable et équitable pour tout le monde", indique M. Bilodeau. Le projet de règlement devrait être présenté au conseil en octobre et une consultation publique devrait être tenue en novembre.

M. Bergeron estime que la municipalité tente de réglementer dans un champ de compétence qui n'est pas le sien puisqu'il a reçu son permis d'une instance fédérale, Industrie Canada. Les représentants du ministère doivent d'ailleurs rencontrer ceux de la municipalité en septembre.

"Nous avons communiqué avec Industrie Canada et on nous a dit que la loi fédérale était effectivement au-dessus des règlements municipaux en ce qui a trait aux télécommunications commerciales. Par contre, nous pouvons intervenir pour un loisir", explique M. Bilodeau.

Malgré le fait que la hauteur de sa tour ne plaît pas à tout le monde, M. Bergeron demande l'appui de la population dans sa bataille. "Ce n'est pas qu'un loisir. À maintes reprises, les radioamateurs ont été appelés par les autorités publiques afin de donner un coup de main durant des situations délicates comme la crise du verglas, le déluge du Saguenay ou l'incendie de pneus de Saint-Amable. Certaines villes financent même les radioamateurs et les incluent dans le plan d'urgence", plaide-t-il.


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