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Il y a quelques années, elle était considérée comme inaccessible. Mieux: elle faisait partie de l'imaginaire collectif et bon nombre d'histoires étaient tirées de ce qu'on voulait bien en évoquer. La planète Mars n'est plus le mythe qu'elle était. Aujourd'hui, ils sont nombreux les spécialistes à se pencher sur la question pour qu'un humain, un jour, puisse mettre enfin un pied sur la planète rouge.
Matt Bamsey fait partie de ceux qui portent un vif intérêt sur tout ce qui touche la science et plus précisément, l'astronomie et les méthodes de survie des astronautes. Le résidant de Saint-Bruno s'est d'ailleurs embarqué dans toute une aventure au mois de mai. Accompagné de sept chercheurs et spécialistes, il fait partie d'une expédition de quatre mois dans l'île Devon en Arctique, situé au Nunavut à 75 degrés Nord. L'objectif du périple: simuler un voyage sur Mars.
"Nous essayons de faire de la science exacte et en plus, sous les mêmes contraintes physiques auxquelles les astronautes auront à faire face sur Mars", explique par voie de courriel le jeune homme de 26 ans.
Par exemple, lorsque les participants de la mission sortent doivent sortir du module, ils portent en tout temps une combinaison spatiale. En fait, chaque fait et geste est minutieusement calculé, comme s'il s'agissait d'une véritable mission sur la 4eplanète du Système solaire.
"Cela affecte entre autres la facilité avec laquelle nous sommes habitués à nous déplacer, à voir et à toucher les roches. Nous habitons, pendant tout ce temps, dans une structure qui ressemble beaucoup à un module spatial dans le sens de l'aménagement et du volume. Nous sommes également supportés par une équipe de scientifiques et une équipe de contrôleurs qui suivent notre mission de près. Nous communiquons avec eux avec un délai de 20 minutes, comme sur Mars. De plus, nous devons ajouter presque 40 minutes de plus par jour, ce qui correspond à la durée d'une journée sur la planète martienne. L'île Devon est un bon endroit pour faire une simulation en raison des similarités géologiques, biologiques et environnementales qu'elle offre avec Mars."
Matt Bamsey a été sélectionné, à la fin d'octobre 2006, par la Mars Society qui a fait un appel de candidats à travers le monde entier. Tout de suite après le processus de sélection, se sont ensuivies la planification de la recherche et la préparation de l'expédition. Celui qui est en train de compléter son doctorat dans le domaine des systèmes de survie des astronautes dans l'espace à l'Université de Guelph en Ontario, en plus d'être stagiaire à l'Agence spatiale canadienne depuis 2001, n'en est pas à son premier périple du genre.
La Mars Society détient un autre module similaire dans le désert d'Utah, la Mars desert research station, où Matt est allé trois fois. De plus, c'est son cinquième été sur l'île Devon. Cependant, il n'y reste habituellement que durant le mois de juillet.
Cependant, cette fois, l'aventure s'avère un peu plus longue. Quatre mois, pendant lesquels la température atteint parfois les 40 degrés sous zéro sans le facteur éolien et où les journées sont ensoleillées 24h sur 24h. Et l'espace où ils logent est assez restreint. Le module en question, dans lequel ils vivent durant toute la durée de l'aventure, la Flashline Mars Arctic Research station, est un cylindre à deux étages de huit mètres de diamètre. Heureusement, tout semble aller comme il se doit. Même si l'espace pour l'intimité est plutôt rare, Matt convient qu'il a été chanceux de se retrouver dans cette équipe où l'harmonie règne.
"Je suis vraiment surpris, tout comme les autres membres d'équipage, que nous nous entendions si bien. C'était la chose que je craignais le plus avant l'expédition. 500 jours sur la surface de Mars et un autre six mois pour le retour. Vous devez espérer que l'équipe soit forte! Nous avons plusieurs psychologues qui suivent notre mission afin de fournir des observations pour les missions futures. Autre chose, nous n'avons pas le droit de communiquer avec nos familles et amis, à moins que ce soit par courriel et non en temps réel. C'est assez difficile."
Heureusement, ce ne sont pas les moments agréables qui manquent. Même si le travail n'arrête quasiment jamais pour les membres de l'équipage, le dimanche reste une journée libre pendant laquelle l'équipe s'adonne à leurs passe-temps. "Nous regardons des films, nous envoyions des courriels à nos amis. De plus, nous avons des altères et un vélo stationnaire qui fait face par le hublot, à un cratère météorique, soit le cratère Haughton. C'est tellement beau, il n'est pas rare d'apercevoir un ours polaire!"
En revenant de son périple, soit le 28 août, le jeune homme a l'intention de poursuivre ses recherches à l'Agence spatiale canadienne et de faire des activités en pleine nature. "J'aime beaucoup le camping et j'espère avoir le temps d'en faire. De plus, je travaille sur un projet qui s'appelle la serre autonome Arthur Clarke qui vise à développer un espace robuste et autonome pour la culture de végétaux qui pourraient servir d'aliments aux éventuels occupants d'une base sur la Lune ou sur Mars. Tout ce qui a trait à la survie me passionne. J'espère pouvoir donner le goût aux jeunes de poursuivre leur rêve, car je suis en train de le réaliser. Et pour moi, le vrai rêve serait d'aller dans l'espace. Nous ne savons jamais, c'est une possibilité!"
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