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Depuis hier, vendredi minuit, toutes les cliniques membres de la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec ont cessé tout service à la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST), en plus de fermer tous les dossiers relatifs à cet organisme mandaté par le gouvernement. Une situation déplorable, mais nécessaire, selon Nicole Bilodeau, physiothérapeute à Saint-Basile et agente de communication pour la fédération.
"On en est rendu là, explique-t-elle. La CSST est de mauvaise foi et nous avons étiré amplement l'élastique."
Il faut dire que cela fait déjà quelques années que la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec se bat contre la CSST. Selon la Fédération, l'organisme n'a notamment pas respecté une entente convenue au préalable en décembre 2006 qui comportait deux volets : le premier exigeait une augmentation initiale de 3$ de manière à porter l'honoraire versé pour un traitement à 35$ pour les accidentés du travail, en plus d'une demande afin de modifier certains points du Règlement sur l'assistance médicale. De plus, la Fédération réclamait la poursuite de la phase II des travaux, et ce, à compter de janvier 2007, concernant certains détails non réglés, dont les aspects tarifaires connexes au traitement des patients tel que l'évaluation et le traitement de dossier.
"C'est quand même incroyable, lance Mme Bilodeau, car nous avons le même tarif à 32$ par traitement depuis 1994 et la CSST ne semble pas vouloir bouger. De plus, elle refuse de discuter de la phase II, contrairement aux recommandations qui ont été faites par les ordres professionnels de la physiothérapie et de l'ergothérapie."
Le conflit entre les deux instances ne date pas d'hier. Plusieurs tables de discussions et de négociations n'auront rien donné, d'après la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec, de là un moyen de pression qui a davantage d'impact.
"C'est dommage, car encore une fois, ce sont les patients qui payent pour ça. Mais nous n'avons plus vraiment le choix, c'est la seule façon de nous faire entendre."
Une situation qui amènera la fermeture de 10 000 dossiers actifs et 5000 en attente d'être ouverts, dans 256 cliniques à travers le Québec.
Et pour certains, possiblement la faillite, comme l'indique Mme Bilodeau. "Il y a certaines cliniques dont la majeure partie de leur clientèle est composée de patients accidentés de la route. Pour ma part, c'est 20% de ma clientèle qui ne recevra pas les services auxquels elle devrait avoir accès. Et comme ce sont des mesures qui ne changeront pas jusqu'à ce que la CSST bouge, ça peut être long."
Ce que la Fédération demande par l'entremise de ces moyens de pression, c'est entre autres que l'entrée en vigueur du Règlement sur l'assistance médicale et de la hausse à 35$ par traitement soit immédiate, qu'un arbitre pour superviser l'ensemble des négociations entre les deux parties soit désigné et que la phase II débute.
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