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Le Reflet - 5 janvier 2008
Opinions > Lettres des lecteurs
Dans l'édition du 19 décembre, on lisait que la Table des préfets et élus de la Couronne sud de Montréal ont adopté une résolution d'appui en faveur du tronçon Est de la 30, déjà en chantier entre Candiac et Sainte-Catherine.
Cette résolution ne surprend guère, surtout que, récemment, le tracé sur la 132 a obtenu un appui de taille des groupes sociaux, environnementaux et d'une majorité des députés provinciaux élus. Par contre, il est permis de s'interroger sur la valeur de l'appui des maires. Après tout qu'est-ce que la Ville de Longueuil, par exemple, en a à cirer d'un tracé en zone agricole plutôt qu'un tracé sur la 132?
D'abord, le président de la Table des préfets est Sergio Pavone, l'actuel maire de Châteauguay. Il a tout intérêt à ce que le tracé se réalise dans la zone agricole puisqu'il veut favoriser la réalisation d'un méga centre commercial projeté par la Société Westcliff.
Quant au préfet de la MRC de Beauharnois-Salaberry, Yves Daoust, il a déjà présenté un mémoire au BAPE en 2002, appuyant le tracé sur la 132, dans lequel il écrivait : "Le tracé promu par le ministère (30/132) atteint les objectifs gouvernementaux de protection du territoire agricole et de limitation de l'étalement urbain".
Est-ce la recommandation du BAPE qui l'a fait changer d'idée? Le tracé sud présenté au BAPE en 2002 n'avait que 8,8 km. Aujourd'hui, avec 13 km de longueur, il gruge encore plus dans la zone verte qu'en 2002. C'est donc dire que le tracé sud s'éloigne davantage des objectifs à l'égard de la protection du territoire agricole et de limitation de l'étalement urbain. Cela rend le tracé sur la 132 encore meilleur qu'en 2002.
M. Daoust est donc une girouette. D'ailleurs, il n'est pas le seul maire du coin à s'être comporté de la sorte. Pour être un "bon" maire, tous les principes honorables défendus auparavant sont à rejeter du revers de la main lorsque les élus du palier supérieur changent d'idée.
On va même jusqu'à mentir à la population en prétendant que la 30 sur la route 132 fera augmenter les gaz carboniques en milieu urbain. Tout le monde sait que les véhicules émettent plus de gaz carbonique et font plus de bruit lors des arrêts et départs aux feux de circulation, entre autres. La 30 sur la 132 donnera une possibilité aux véhicules d'éviter les feux de circulation. Ainsi, les gaz carboniques et le bruit diminueront.
Par contre, le tracé sud crée une deuxième zone sonore élevée et une deuxième source de pollution atmosphérique qui ceinturera les municipalités au sud. Cette zone n'existe pas actuellement. Il s'agit de consulter la carte à la page 111 du schéma d'aménagement de la MRC Roussillon pour constater le dégât environnemental à venir. Finalement, comparativement à 2002, le tracé sud est deux fois plus long que le tracé sur la 132. Un véhicule émet plus de gaz carbonique lorsqu'il parcourt une distance plus longue. Nos élus municipaux devraient savoir cela.
Aujourd'hui, ils essaient de faire passer les membres du Comité des citoyens pour l'autoroute 30 sur la 132 et leurs supporteurs pour des gros méchants. Si les maires s'étaient tenus debout, les citoyens rouleraient sur l'autoroute 30 dans l'axe de la 132, car le projet aurait débuté en 2003 pour se terminer à la fin de 2006. Malheureusement, le projet accuse un retard de 4 ans et les citoyens sont toujours privés d'une route 132 fluide et sécuritaire.
Delson
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