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Depuis le printemps 2005, les humbles seigneurs des centres de la petite enfance (CPE) Citronnelle et La Campinoise de Valleyfield, Bobino de Beauharnois et Soulanges des Coteaux s'alimentent sainement grâce aux Jardins Glenorra d'Ormstown.
La directrice générale du CPE Citronnelle, Claudette Primeau, se réjouit de l'ouverture d'esprit des parents utilisateurs. Dans son installation de la rue Saint-Thomas et son centre de formation adjacent, la livraison des produits biologiques se fait hebdomadairement.
Chaque semaine, les producteurs Julie Tardif et Ian Aldridge d'Ormstown y livrent des légumes frais de saison. Alors que certains sont consommés crus, comme la carotte, d'autres sont transformés à l'intérieur de délicieux petits plats.
Il y a 10 ans que la directrice générale a changé progressivement l'alimentation des tout-petits fréquentant l'établissement. Lentement mais sûrement, elle a délaissé la viande au profit de légumineuses. "Les économies que nous faisons sont mises sur l'achat de produits biologiques", affirme-t-elle.
Il n'y a pas uniquement que les brocolis, carottes et pommes de terre qui se retrouvent dans les assiettes des petits. À la bette à carde et la courge s'ajoute le meslun, de petites pousses de laitue. Et les enfants en raffolent. "Ils mangent de la salade et c'est ainsi qu'on les sert. L'enfant ne fait pas la différence mais nous oui", explique Claudette Primeau. Pour la directrice générale, cette différence réside dans la satisfaction de servir à la clientèle un plat dont les légumes sont exempts de pesticides et ont poussé "dans des terres propres".
Une fois l'hiver venu, c'est chez le marchand du coin que Mme Primeau et sa cuisinière s'approvisionnent. "On les attend (les producteurs des Jardins Glenorra) désespérément", lance en riant Mme Primeau.
Force est d'admettre que l'alimentation biologique a gagné du terrain. Après les cuisines des centres de la petite enfance, ce sont les parents utilisateurs qui adhérent au réseau Équiterre. Au CPE Citronnelle, une vingtaine des 132 familles recevra, dès juin, son panier de légumes frais. Et comme si cela ne suffisait pas, Mme Primeau travaille présentement à l'entrée de paniers chez ses responsables de service de garde en milieu familial.
Il n'y a pas que dans les garderies que le phénomène est omniprésent. L'agente d'information chez Équiterre, Anne Lévesque, note une recrudescence de la demande dans l'ensemble de la Montérégie.
En 2000, le réseau Équiterre desservait au Québec 5400 personnes désireuses de bien s'alimenter. Six années plus tard, c'est presque le même nombre de personnes qui opte pour ce choix, soit 4500, mais en Montérégie seulement. Le nombre de fermes participant au projet est passé de 46, au Québec en 2000, à 28 pour la Montérégie en 2006. Toujours au Québec, les points de chute se chiffraient à 65, en 2000, comparativement à 75 en Montérégie en 2006.
La principale raison ? "Les gens sont de plus en plus conscients de manger des aliments bio et locaux. Ils prennent les questions environnementales de plus en plus au sérieux", explique Mme Lévesque. Et que dire encore... Le mouvement Équiterre compte parmi les organismes certifiant des fermiers de famille. Les statistiques font abstraction des producteurs agricoles qui, de leur propre chef, décident d'offrir les mêmes services, sans certification toutefois.
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