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On ne se le cachera pas, il est fort agréable d'écouter de la musique "dans le tapis". Ce plaisir répandu chez les jeunes et en apparence inoffensif peut toutefois conduire à des problèmes de surdité à l'âge adulte, indique Richard Larocque, audiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec.
Intensité, durée et écouteurs. Voilà les trois facteurs qui peuvent faire la différence entre une bonne et une mauvaise santé auditive, explique Richard Larocque. C'était le cas dans les années 1980, avec les baladeurs à cassettes et ce l'est encore aujourd'hui, avec les baladeurs numériques. Seule différence, la nouvelle popularité des lecteurs MP3 de type iPod et de leurs écouteurs intra-auriculaires vient renforcer les inquiétudes quant au lien entre l'utilisation des baladeurs et la surdité, souligne l'audiologiste.
"L'utilisation de ce type d'écouteurs qui existent depuis nombre d'années augmente la dangerosité, puisqu'ils sont insérés plus profondément dans l'oreille. Et comme ils sont souvent de moins bonne qualité et qu'ils conduisent moins bien les basses fréquences, les utilisateurs sont portés à monter le volume. Bien qu'ils ne soient plus très populaires de nos jours, les écouteurs que l'on pose sur les oreilles ont une grande membrane qui permet de mieux diffuser le son."
L'intensité du son et la durée d'écoute peuvent également avoir une incidence sur l'audition. C'est la combinaison des deux qui détermine le niveau de dangerosité, explique Richard Larocque. De façon préventive, il est conseillé de ne pas écouter sa musique au-delà de 60 % du volume maximal et de limiter sa consommation à quatre heures ou moins par semaine, bien que les baladeurs numériques permettent l'écoute en continu de milliers de morceaux de musique. Les mêmes conseils s'appliquent à la musique que l'on écoute à haut niveau dans la voiture ou à la maison.
"Le problème, c'est que la surdité est pernicieuse, fait remarquer M. Larocque. Ce n'est pas le mois suivant les abus qu'on devient sourd, mais 10 ou 15 ans plus tard. Ça rend la prévention très difficile. En clinique, j'ai vu des cas extrêmes où des adultes de 35 ans entendaient comme des personnes de 65 ans. À 65 ans, comme l'âge aura fait son œuvre, ils auront l'audition de gens de 80, 90 ans. C'est tragique. La surdité est un handicap très lourd, surtout lorsqu'on est encore actif."
Quant à savoir si certains types de musique sont moins dommageables que d'autres, comme le laissent entendre certains spécialistes, Richard Larocque aime mieux prendre ses distances. "Il existe effectivement plusieurs études contradictoires à ce sujet. Certains chercheurs prétendent que la musique classique est moins dommageable, mais moi, je ne me fie pas à cela."
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