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Le Journal de Chambly - 28 mars 2006
Opinions > Lettres des lecteurs
Madame Bachaalani,
À la suite de votre article sur le féminisme paru dans le Journal de Chambly le 7 mars, nous aimerions, en tant qu’équipe de la maison Simonne-Monet-Chartrand, y apporter quelques correctifs.
Tout d’abord, vous affirmez que «aujourd’hui, au nom de la liberté, nombreuses sont les femmes qui souhaitent retourner au foyer élever des enfants, qui se tournent spontanément vers les métiers traditionnels féminins, qui proposent tendrement à leur douce moitié de faire le repas pendant qu’il pellette la neige...». Il est véridique d’affirmer de tels propos; par contre, il ne l’est pas de prétendre que le féminisme a changé de cap et que ce qui rimait avec liberté autrefois fait aujourd’hui figure de rengaine.
Selon Susan Amélia Thomas, «L’essence du système de valeur des thérapeutes féministes consiste en une croyance du potentiel réel des femmes et en une prise de conscience de comment ce potentiel leur a été nié par la domination dans notre société des rôles sexuels stéréotypés.» (Theory and Practice in Feminist Therapy). Ainsi, le féminisme recherche une égalité entre les hommes et les femmes. Cela n’oblige pas les femmes à quitter le foyer pour un travail non traditionnellement féminin. Par contre, cela leur donne le droit de décider et de choisir ce qu’elles veulent accomplir dans leur vie, sans contraintes. De plus, le fait que beaucoup de femmes préfèrent retourner au foyer est causé majoritairement par le manque de temps dont elles disposent pour tout accomplir : travail, ménage, enfants, repas, etc. (ce que beaucoup d’hommes ne font pas encore). Cela démontre qu’il nous reste beaucoup à faire pour instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes.
Vous mentionnez également dans votre article que vous refusez de renoncer à votre féminité au nom du féminisme. Qui vous a dit de renoncer à votre féminité? Beaucoup de gens associent encore les féministes à des femmes enragées, sans féminité, brûlant leur soutien-gorge et dénigrant les hommes au nom de l’égalité entre l’homme et la femme. Heureusement pour nous, il n’en est rien. Être égaux ne signifie pas être pareil. Les hommes et les femmes ont droit à leurs différences. Le féminisme ne demande pas aux femmes de ne pas aimer la galanterie des hommes ni de ne pas porter de maquillage. Si vous avez entendu à l’UQAM que porter des cosmétiques camoufle l’intelligence, nous nous demandons où se cache l’intelligence de ceux qui tiennent de tels propos.
Le féminisme n’empêche pas non plus le respect. Il ne dicte pas de traiter les hommes comme des moins que rien. Il demande que l’on soit traité également.
En conclusion, il serait important de réfléchir aux vraies valeurs véhiculées par le féminisme et à ce qu’il nous reste à accomplir afin d’être tous égaux, peu importe notre sexe.
À l’équipe de la maison Simonne-Monet-Chartrand,
En lisant votre réponse, je ne peux m’empêcher de constater que nous affirmons en substance des choses similaires et que nos opinions se font écho. Mon billet ne se voulait pas une attaque à boulets rouges contre le féminisme (loin de là!), mais bien un regard critique sur des comportements dits féministes, mais qui contribuent à la dégradation des relations hommes/femmes. Je rappelle, comme je l’ai écrit dans ce billet, que je suis féministe, c’est-à-dire que j’adhère à l’égalité absolue entre les hommes et les femmes, mais qu’à mes yeux, il y a une incompréhension entre féministes d’hier et féministes d’aujourd’hui. Celle-ci fait en sorte que les plus jeunes hésitent souvent à se considérer elles-mêmes comme féministes. Vous devez convenir avec moi qu’il existe tout un éventail de nuances en matière de discours féministes et que chaque femme peut à sa guise choisir le chapeau qui lui convient. Catherine Bachaalani
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