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Au Québec, il existe une loi qui limite les frais que les écoles peuvent exiger des parents. Plusieurs établissements s'en balancent comme de leur quatorzième chemise.
Les délinquants ont beau jeu; il n'y a pas de gendarme pour les envoyer à genoux dans le coin sur des billes quand ils désobéissent. Pour les ramener à l'ordre, les citoyens ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Avec la vie trépidante des familles modernes, les volontaires ne se bousculent pas aux portes. Dans la région, ils se comptent sur le doigt d'une main.
Pour alléger le fardeau de plus en plus lourd sur le portefeuille de l'école gratuite, Luc-Pierre Laferrière s'est dit qu'il serait bien placé en joignant le groupe des décideurs. Le retraité s'est fait élire au conseil de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. Seul parmi une vingtaine de commissaires, l'homme n'a pu faire progresser sa cause à son goût. Il a donc décidé d'engager le combat sur le terrain de la justice. Et il y a remporté une importante bataille.
La juge Carole Julien, de la Cour supérieure, a autorisé, le 23 juin dernier, le recours collectif que M. Laferrière demandait contre la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, «au nom de toutes les personnes qui ont payé, pour leurs enfants inscrits à l'une des écoles de l'organisation, des frais pour l'achat de manuels scolaires ou l'achat de matériel didactique obligatoire» depuis l'année scolaire 2004-2005.
Pour toutes les familles concernées, M. Laferrière réclame entre autres le remboursement de dictionnaires et de romans en invoquant la loi sur l'instruction publique. Celle-ci stipule que l'école doit fournir gratuitement le matériel aux élèves sauf les fournitures comme les crayons et «des documents dans lesquels l'élève écrit, dessine ou découpe».
En ce qui a trait aux romans, la commission scolaire se défend en disant que les élèves y soulignent des passages ou y inscrivent des notes. Le tribunal décidera si cette défense est valable.
Concernant les dictionnaires et grammaires, il apparaît évident qu'il ne s'agit pas d'ouvrages conçus pour qu'on y découpe ou écrive.
Étant donné la décision de la Cour supérieure et les millions de dollars en jeu, on pourrait s'attendre à ce que les écoles rentrent dans le rang. Ce n'est pas le cas. J'ai en main la liste d'articles à acheter d'un élève d'une école primaire de Châteauguay pour la prochaine année scolaire. Un Bescherelle (L'Art de conjuguer), un dictionnaire de poche Larousse français et un dictionnaire Larousse de poche français/anglais figurent en tête.
Aberrant ! C'est le devoir des écoles de fournir ces outils. Qu'elles l'accomplissent donc comme elles demandent aux élèves de faire les leur.
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