|
|
|
|
Samedi dernier, à 11h38, les pompiers reçoivent un appel du Centre de bénévolat de Saint-Basile situé au 50, montée Robert. Les personnes qui sont sur place viennent de constater la présence de fumée à l'intérieur de leur bâtiment, mais dans les faits, la bâtisse brûle déjà.
"Quand on est arrivé, l'entretoit était déjà enflammé. Ça devait faire sûrement 30 minutes que le feu avait débuté. Le feu a commencé à l'extérieur puis est monté dans le mur pour se rendre à l'entretoit". Mais "avant que la fumée pénètre à l'intérieur, ça a dû prendre un certain temps", explique Claude Bourassa, directeur du Service de sécurité incendie de Saint-Basile-le-Grand.
Les 45 pompiers dépêchés sur place ont mis 2 heures 30 minutes pour maîtriser le feu. Les renforts sont venus de Chambly, Belœil et McMasterville. Un des pompiers a été transporté à l'hôpital. "Il est tombé à cause de la fumée et s'est fait mal au dos. D'autres pompiers ont subi des brûlures mineures", mentionne Claude Bourrassa.
L'enquête qui a suivi l'incendie a permis de déterminer que le feu s'est déclaré accidentellement. "Au début, on a craint que le feu ait été d'origine électrique, mais à la suite de l'enquête, on a bien déterminé que c'était un article de fumeur." On attribue le feu à une cigarette jetée par mégarde. Mais "elle n'est pas tombée au bon endroit, contre le mur, il y avait du paillis de jardinier. C'est là que le feu a commencé et c'est monté dans le mur après", dit Claude Bourrassa.
"Quand le feu s'est déclaré, le vestiaire communautaire était ouvert (comme d'habitude, entre 9h et midi) et il y avait des bénévoles sur place", raconte Nicole Reinesh rencontrée sur les lieux de l'incendie lundi matin. C'est Robert Balthazar, un bénévole venu accueillir dans la grande salle du bas un groupe de dames réunies pour une activité de scrapbooking, qui a vu de la fumée à l'avant et qui a fait le 911, explique Mme Reinesh. "Avec Rita Gagné, la responsable du vestiaire, ils ont prévenu les deux bénévoles qui étaient à l'étage et ils ont fait sortir les gens." Tout le monde était déjà à l'extérieur quand les pompiers sont arrivés.
Déjà le 13 septembre dernier, le Centre de bénévolat avait failli flamber à cause d'"un article de fumeur", là encore tombé trop proche du bâtiment. Sauf que cette fois-là, le feu détecté plus tôt avait pu être contenu. La fumée avait quand même causé des dégâts, dont des pertes importantes de nourriture.
Cette fois-ci, à la suite de l'incendie survenu le 5 mai dernier, les pertes sont considérables. La structure du bâtiment est partiellement détruite, ainsi que l'intérieur, comme on le voit sur les photos. Toutes les réserves de nourriture stockées au sous-sol sont perdues. "Je venais juste de remplir les deux congélateurs", témoigne Jean-Claude Tourigny, directeur adjoint au Centre de bénévolat. Seule la partie du bâtiment qui servait de bureau a été moindrement endommagée. Les équipements spécialisés destinés à être prêtés (ex. : fauteuils roulants) ont été sauvés, car ils sont rangés dans un cabanon extérieur qui n'a pas subi de dommages.
Deux jours plus tard, lundi, les bénévoles rencontrés sur place étaient encore sous le choc de l'incendie, mais loin d'être désespérés, car persuadés de pouvoir continuer à offrir sans interruption leurs services d'aide essentielle (dépannage alimentaire, prêts d'équipement spécialisé, transport médical). Par contre, les repas du midi cesseront d'être servis au moins jusqu'à la fin de l'été. Mais les cuisiniers reprendront le service aussitôt qu'un nouveau local sera trouvé et aménagé.
"Nos services sont à l'affût pour chercher à trouver une solution de dépannage à court terme au moins (un local temporaire). Pour la solution à moyen terme, ça va nous demander une analyse plus sérieuse. Il y a plusieurs hypothèses qui sont sur la table. Est-ce qu'on va reconstruire sur les lieux mêmes ou est-ce qu'on va acheter ou louer une autre propriété, tout ça est à déterminer", dit Michel Carrières, le maire de Saint-Basile-le-Grand, dans l'attente de recevoir des nouvelles de la compagnie d'assurances venue constater le sinistre.
En arrière de l'édifice municipal calciné, qui abrite depuis 1982 le Centre de bénévolat, des bénévoles gardent le sourire et continuent à distribuer des paniers d'aide alimentaire de Moisson Montréal. Les pertes matérielles ne sont évidemment rien en comparaison des pertes humaines qui ont été évitées. "On est tous là. Les bénévoles, on se tient ensemble. J'ai beaucoup d'entraide des commerçants, des dirigeants de la ville. On a eu beaucoup d'épreuves à Saint-Basile : les BPC, le verglas, le feu en septembre dernier. On continue, on se tient, c'est l'union qui fait la force", témoigne Nicole Reinesh, la directrice du Centre, encore bouleversée par la fin de semaine qu'elle vient de passer.
Le numéro de téléphone du Centre de bénévolat reste le même (450.461.2111 de 8h30 à midi) et sera en service d'ici quelques jours.
Ajoutez votre commentaire
Devenez membre pour ajouter un commentaire