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Les propriétaires du Cabaret du St-Cyrille, Lorraine Rochon et Denis Castilloux, doivent désormais mettre fin à huit années de travail et de spectacles. (photo : Jean Doyon)

Après huit ans de spectacles et de musique

Le Cabaret du St-Cyrille obligé de fermer ses portes

Marilyne Champagne

Les 2 Rives - 1er novembre 2005

Actualité > Faits divers

C'est jeudi dernier qu'on apprenait la fermeture du Cabaret du Saint-Cyrille, situé au 40, rue du Roi, au centre-ville de Sorel-Tracy. Les propriétaires du Cabaret, Lorraine Rochon et Denis Castilloux, n'ont pas caché leur tristesse de devoir mettre fin à huit années de travail et de spectacles. Au fil des années, le cabaret s'était bâti une réputation qui dépassait les frontières de la région, en plus d'offrir des spectacles diversifiés de blues, de jazz et même de rock.

À la dernière minute, a expliqué M. Castilloux en conférence de presse, il y avait une espérance solide de sauver le Cabaret, puisqu'un investisseur potentiel avait manifesté son intérêt.

Direction incertaine des nouveaux propriétaires

La clientèle augmentait et les spectacles étaient devenus rentables, c'est donc l'incapacité de trouver le financement pour le rachat de leur créance qui oblige le Saint-Cyrille à fermer, soutient M. Castilloux. Selon lui, il y a plus de passion que de gestion puisque tous les profits ont été réinjectés dans la bâtisse, qui date tout de même du XIXe siècle. Ainsi, les créanciers Richard et Louis Bibeau, également propriétaires du Cactus Café, redeviennent les nouveaux propriétaires de la bâtisse, et prendront possession des lieux sous peu. En effet, ceux-ci avaient demandé à avoir soit les sous immédiatement, sinon ils récupéraient le bâtiment. Pour l'instant, M. Castilloux n'était pas encore en mesure de connaître la direction qui va être prise par les nouveaux propriétaires.

Huit ans d'histoire

"Les huit dernières années ont été accaparantes, mais dans le bon sens. Cela a été un plaisir et un bonheur. Avoir plus d'argent, je recommencerais demain matin. Il y a eu des rires, des pleurs, des bons et des moins bons moments. On a su apprendre à s'apprécier, à réunir des gens de tous les styles et permettre à tout le monde d'échanger.", estime M. Castilloux. Celui-ci a rappelé que l'histoire du Saint-Cyrille avait commencé avec le Bike Week en 1998. Le 19 décembre 1998, après l'obtention d'un permis, Jean-Guy Moreau et son spectacle "Le chum à Céline" offrait le premier spectacle du Saint-Cyrille. C'est Martine St-Clair, lors de son passage au Studio 101 à CJSO, qui a donné le dernier spectacle. Quels sont les plus beaux souvenirs pour Denis Castilloux? D'emblée, le spectacle de Michel Cusson en aura été un marquant : "C'est un bonhomme impressionnant", a-t-il ajouté. De son côté, le spectacle de Karen Young aura permis de vivre une soirée magique, et même d'en faire pleurer certains. Selon lui, l'un des plus gros spectacles aura sans aucun doute été celui de Jean Leloup. "On anticipait un peu le personnage avec la réputation qu'il avait, admet M. Castilloux, mais il a offert l'un de ses plus beaux spectacles, avec un début plus sobre, et une fin de soirée enlevée." Parmi les favoris du St-Cyrille, on ne peut passer à côté de Steeve Hill, qui était devenu un peu le chouchou des lieux, et de Bob Walsh qui a offert plusieurs performances au cours des années. À trois reprises, Suzie Arioli a également affiché salle comble. Rappelons aussi dernièrement le passage inattendu de Linda Lemay au Cabaret qui a offert gratuitement un spectacle.

Une perte pour la culture

M. Castilloux estime que c'est une très grande perte pour la région au niveau culturel, qui semble reculer depuis quelque temps. Il a questionné le manque de budget alloué à la culture dans la région, et a manifesté son inquiétude face aux autres passionnés qui souhaiteraient partir quelque chose. Selon lui, une meilleure qualité de vie passe inévitablement par la culture. D'autres régions du Québec ont même des agents attitrés à la culture. Ici, il n'y a pas de mouvement de volonté, les gens ne semblent pas conscients de l'impact, a-t-il déploré. Par exemple, pour une série de 10 spectacles, on pouvait compter de 25 000 à 35 000 $ en retombées pour la région. Enfin, pour l'instant, Denis Castilloux et Lorraine Rochon, n'ont pas encore de projets de fixé. Ils ont tenu à remercier tous ceux qui ont appuyé le Cabaret au cours des années et c'est pour cette raison qu'ils avaient organisé, samedi dernier, une soirée d'adieu.


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