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Edith Smeesters, Coalition pour les alternatives aux pesticides
Le Journal de Saint-Bruno - 12 mai 2007
Actualité > Faits divers
NDLR : Le Journal poursuit sa chronique consacrée aux différentes actions environnementales que Saint-Bruno a connues au cours des années, rédigée par Édith Smeesters. Mme Smeesters a habité à Saint-Bruno de 1975 à 2005. Elle y a fondé le Comité d'embellissement, l'Association de jumelage, Récupération Montarville (devenu Récupération Montérégie), Nature-Action et la Coalition pour les alternatives aux pesticides. Elle est l'auteure de quatre livres sur l'horticulture écologique et est membre du Cercle des Phénix de l'environnement. Elle habite actuellement en Estrie.
En 1989, Nature-Action obtient une première subvention pour faire travailler cinq biologistes sans emploi. Ils s'installent dans un sous-sol de la rue de la Broquerie et préparent une exposition sur l'environnement. L'année suivante, le bureau déménage au jubé de l'Église Unie, ensuite dans un sous-sol de la rue Roberval et finalement au 1616, Montarville.
En 1990, avec l'aide de Marie-Jeanne Isnardi et de Stefan Sobkowiak, je présente une grosse demande de subvention au gouvernement fédéral pour régénérer le réseau des lacs de Saint-Bruno. Benoît Limoges devient responsable de ce vaste projet qui consistait à ramener en ville la faune et la flore naturelle qui prospèrent dans le parc provincial, en naturalisant les abords des lacs du Ruisseau et du Village qui étaient complètement urbanisés. Au début, le projet a suscité un peu de résistance de la part des responsables des espaces verts, car on demandait de ne plus tondre les berges et de ne plus ramasser les feuilles dans le boisé du parc du Ruisseau : une révolution dans les habitudes de "propreté" qui sévissaient à l'époque. Des tonnes de copeaux de bois ont été épandues dans les deux parcs pour créer un environnement plus naturel et des parterres de fleurs thématiques. Des centaines de végétaux ont été plantés aussi. Pour la main-d'œuvre, nous avons fait appel entre autres à des chantiers jeunesse : pendant un mois, nous recevions une dizaine de jeunes à Saint-Bruno. Il fallait les loger tous sous le même toit, les faire travailler ensemble et les distraire les fins de semaine. La première année, nous avions loué deux appartements contigus sur la rue Cambrai, ensuite nous avons loué une maison dont le propriétaire était parti en Europe. Pour un des chantiers internationaux, Benoît avait hébergé les dix jeunes chez lui... une expérience assez mouvementée, semble-t-il! Une autre fois, ils ont envahi mon garage pendant deux semaines pour construire une centaine de nichoirs : il y en avait partout! Au milieu du projet, Anne Le Sauteur a pris la relève de Benoît pour terminer le travail qui aura duré six ans. Elle a réalisé une magnifique vidéo sur la protection des berges et une vingtaine de panneaux d'interprétation qui sont toujours en place, malgré un peu de vandalisme. À ce propos, nous avions remarqué que de nombreux arbustes, à peine plantés, étaient arrachés, mais abandonnés sur place. Nous avons observé pendant toute une journée pour trouver les coupables : c'étaient de jeunes enfants qui cherchaient des vers de terre pour aller pêcher! Ils avaient constaté que les vers étaient fort nombreux dans nos parterres enrichis de paillis et ils ne s'intéressaient donc pas aux arbustes, mais à ce qu'il y avait en dessous! L'aménagement du parc du Ruisseau a remporté le grand trophée Versicolores et constitue toujours un bel exemple de naturalisation. Les lacs sont malheureusement encore envahis de plantes aquatiques et d'algues durant l'été, mais l'une de nos recommandations n'a toujours pas été suivie, à savoir : l'interdiction des engrais solubles dans tout le bassin versant du réseau des lacs. Il faudrait aussi élargir la bande riveraine naturelle... mais laissons cela à d'autres!
Pendant l'aménagement des lacs, nous avons mené d'autres projets de front. Il fallait faire preuve de beaucoup de créativité, car les subventions n'étaient pas récurrentes et il fallait diversifier nos actions. Un de nos membres a proposé de nous aider en nous donnant des timbres non oblitérés qu'il avait soigneusement décollés et séchés. Malheureusement, la GRC nous a appris que c'était tout à fait illégal et nous a demandé d'arrêter cette forme de recyclage!
À suivre...
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