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Lorraine Rochon et Denis Castilloux Jean Doyon

Dernière soirée ce samedi 29 octobre

La fin d'un beau rêve pour les propriétaires du Cabaret du Saint-Cyrille

Hélène Goulet

La Voix - 29 octobre 2005

Actualité > Faits divers

Denis Castilloux et Lorraine Rochon, qui opéraient le Cabaret du Saint-Cyrille depuis 1998, ont annoncé cette semaine la fermeture de cette salle de spectacle qui, au fil des ans, avait acquis une notoriété certaine.

Cette fermeture est attribuable à un manque de liquidité qui a empêché le couple de rembourser leurs créanciers, Richard et Louis Bibeau (propriétaires du Cactus Café), qui exigeaient le paiement intégral de la dette.

Nous avons été victimes d'une sous-capitalisation, admet Denis Castilloux. Le commerce, le Cabaret du Saint-Cyrille, était devenu rentable, surtout depuis deux ans environ. Mais nous étions obligés de réinvestir tous nos profits dans l'amélioration de la bâtisse. Finalement, nous avons été incapables de trouver l'argent nécessaire au rachat de notre créance, a-t-il laissé tomber.

Rappelons que le Cabaret du Saint-Cyrille est situé dans l'édifice de quatre étages qui abritait la quincaillerie Cyrille Labelle, rue Roi. Il s'agit d'un des plus vieux édifices du centre-ville.

Après avoir remercié tous ceux et celles qui les ont appuyés au fil des ans, M. Castilloux a rappelé la petite histoire de l'évolution du Saint-Cyrille. Notre premier spectacle, le 19 décembre 1998, fut celui de Jean-Guy Moreau, et le dernier, ce fut celui de Martine Saint-Clair la semaine dernière, en collaboration avec CJSO.

Entre les deux, de nombreux spectacles qui ont marqué l'endroit. Parmi ceux qui ont été qualifiés de mémorables, Denis Castilloux cite les spectacles du guitariste Michel Cusson, de Jean Leloup, de Karen Young, de Susie Arioli, de David Usher, ceci sans oublier les "choux-choux" de l'endroit, le guitariste Steve Hill et le bluesman Bob Walsh, qui y ont présenté leurs spectacles à plusieurs reprises.

Se sent-on amer, après avoir autant investi de temps, d'argent et de passion dans une entreprise dont le couple tirait toutes les ficelles ? C'est sûr que ça n'a pas été facile et qu'il y a eu un peu d'amertume, a convenu M. Castilloux. Mais c'est en arrière et je ne regrette rien. J'ai eu un plaisir fou et un bonheur à faire tout ça. Durant les huit dernières années, nous avons travaillé huit jours par semaine et 36 heures par jour !

M. Castilloux se dit particulièrement fier d'avoir réussi à faire rayonner le Saint-Cyrille qui, a-t-il précisé, "est bien vu du milieu artistique montréalais".

S'il a un reproche à formuler, c'est le manque de solidarité du milieu envers le développement des entreprises culturelles. C'est comme si la culture n'a pas de valeur ici. Ailleurs, des organismes de développement économique ont des agents de développement culturel, ce qui n'est pas le cas ici, a-t-il déploré.

Pour nous, nous avons maintenant tourné la page, poursuit celui qui est arrivé dans la région en 1991 avec sa famille. Mais je veux lancer le message aux gens d'ici afin que, si un jour, d'autres passionnés arrivent dans la région pour tenter le même genre d'aventure, j'espère qu'ils pourront trouver de l'aide et des appuis.

La famille Castilloux, qui habitait à l'étage du Cabaret, devra déménager la semaine prochaine. Nous désirons demeurer à Sorel-Tracy. On s'y est fait des amis, et notre fille Émeraude a passé sa vie ici.

Des projets ? Pour le moment, des vacances bien méritées, assure M. Castilloux. Nous n'avons pas pris de vacances depuis sept ans ! Et après, on va réfléchir aux perspectives. Je ne suis pas inquiet à ce sujet, a-t-il conclu.

Dernière soirée, ce samedi 29 octobre

Le cabaret fermera ses portes aujourd'hui, à la fin de la soirée. Denis Castilloux invite tous ceux et celles qui voudraient se remémorer les bons coups, échanger, à assister à cette soirée qui aura sûrement une saveur de nostalgie. Pas de spectacle au programme toutefois. Je veux juste pouvoir dire merci à ma clientèle et jaser avec les gens. On présume que ça aidera à faire passer la pilule.

Une fermeture temporaire, de dire Richard Bibeau

De son côté, Richard Bibeau, rejoint par La Voix, a fait savoir que le Saint-Cyrille revivra sous une formule similaire au concept élaboré par Denis Castilloux.

La chose à régler pour le moment, c'est le permis d'alcool, car c'est comme s'il s'agissait d'une nouvelle entreprise.

Une chose de sûre, donc, c'est que le cabaret sera nécessairement fermé durant 60 jours, période de délai pour obtenir un nouveau permis. M. Bibeau dit espérer pouvoir ouvrir les portes vers la fin de l'année.

Il y aura le même genre de spectacles, mais on élargira peut-être la fourchette selon la demande du public. Nous ne voulons pas faire un autre Cactus, a-t-il assuré. Nous voulons garder le cachet en insérant toutefois la restauration a-t-il indiqué.

Il y aura donc un menu table d'hôte différent du menu du Cactus les soirs de spectacle, a-t-il tenu à préciser. L'endroit ne sera pas ouvert sept jours par semaine, a-t-il d'autre part fait savoir.

M. Bibeau espère aussi offrir d'autres formes de présentations, donnant en exemple une série de films d'aventures commentés, ressemblant à la formule des Grands explorateurs.

M. Bibeau croit enfin qu'il pourrait conserver le nom du Saint-Cyrille, en y ajoutant peut-être une formule complémentaire, du genre jazz et blues.

Nous allons prendre le temps de laisser mûrir le projet tranquillement. Nous avons aussi des rénovations à effectuer dans la bâtisse, a-t-il enfin précisé.


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