3 septembre 2010
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Interdire le phosphore dans les détergents pour lessive et lave-vaisselle, un premier pas essentiel

Le Journal de Chambly - 3 juillet 2007

Opinions > Lettres des lecteurs

En réponse à la lettre de monsieur Tim Yeatman, intitulée «Attaquer les phosphates qui viennent des terres», parue dans l’édition du Journal de Chambly du 26 juin dernier, j’aimerais apporter quelques précisions sur les intentions du Bloc québécois en regard du problème des algues bleues.

Tout d’abord, le Bloc québécois, par l’intermédiaire de son porte-parole en environnement, monsieur Bernard Bigras, a déposé une motion au Comité permanent de l’environnement et du développement durable, le 12 juin dernier, qui demandait à ce que soit banni le phosphore dans les détergents pour buanderie et les détergents pour lave-vaisselle, car en ce moment, la Loi canadienne pour la protection de l’environnement (LCPE) prévoit uniquement une réglementation sur la concentration de phosphore dans les détergents pour la lessive et sont exclus les détergents pour lave-vaisselle. Or, depuis une vingtaine d’années, force est de constater que le nombre de résidences munies de lave-vaisselle a crû considérablement. En ce moment, sur le marché, on retrouve encore des produits pour nettoyer la vaisselle avec de forts taux de phosphore allant jusqu’à 8 %.

Nous sommes tout à fait conscients que de bannir le phosphore dans les détergents pour lave-vaisselle ainsi que dans les détergents pour la lessive ne réglera pas dans son ensemble le problème des algues bleues au Québec, mais nous pensons que d’interdire le phosphore dans ces produits est un premier pas logique et essentiel dans la guerre que nous devons mener aux algues bleues.

De plus, nous sommes bien au fait qu’il existe au Québec la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, mais sur cet aspect, vous comprendrez aisément que c’est au gouvernement du Québec de mettre en application cette politique. Par ailleurs, vous n’êtes pas sans savoir que Québec a déposé, au début juin 2007, un plan d’action de 12 millions $ pour lutter contre la prolifération des algues bleues. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Au Bloc québécois, nous considérons qu’il faut agir en amont et cela signifie agir, entre autres, au niveau des produits.

Dans un deuxième temps, nous sommes conscients que l’activité agricole représente une grande partie du problème des algues bleues au Québec. À cet effet, nous avons entendu, lors de la séance du comité du 12 juin dernier, le président de la Fédération canadienne de l’agriculture, monsieur Bob Friesen, qui nous a dit que les agriculteurs étaient au courant du problème des cyanobactéries, qu’ils savaient qu’une large part du problème provenait de l’activité agricole et qu’ils étaient prêts à agir en prenant leur part de responsabilité. Nous avons la ferme intention de travailler de concert avec les agriculteurs du Québec afin d’en arriver à une amélioration tangible sur la qualité de nos lacs et autres sources d’eau. C’est un combat qu’il faut mener de front et le Bloc québécois n’a nullement l’intention de se mettre la tête dans le sable.

Yves Lessard Député de Chambly-Borduas


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