Suite à des études qui ont démontré que le Québec possédait le plus haut taux de pertes de vie et de pertes matérielles per capita au Canada, le gouvernement du Québec a adopté, en juin 2000, la Loi 112 sur la sécurité incendie au Québec. Cette loi vise à corriger la situation existante afin de diminuer les taux de pertes pour les rendre comparables, sinon plus bas, que ceux des autres provinces du Canada.
C'est après avoir constaté l'importance des pertes humaines et matérielles à l'échelle de la province (moyenne de 52 $ par habitant contre 39 $/hab. au pays) que Québec a adopté la Loi 112.
Selon celle-ci, les municipalités doivent adopter un plan qui respectera les orientations du gouvernement en matière de prévention et d'intervention. Le but est d'harmoniser les services à l'échelle de la province en incitant les municipalités à partager les coûts et les ressources et à planifier les secours.
Aussi, les différentes casernes devront se conformer aux nouvelles normes imposées par le gouvernement en plus de garantir un temps de réponse de 10 pompiers en 15 minutes en zone urbaine. Ce ratio variera cependant en secteur rural, moins accessible. Les inspections préventives des bâtiments y seront par conséquent plus fréquentes.
Les municipalités et la MRC ont maintenant la responsabilité d'élaborer un nouveau plan de protection, notamment pour la prévention et l'intervention, sur l'ensemble de leurs territoires respectifs. C'est donc avec le Ministère de la Sécurité publique que la MRC de Roussillon a signé, en 2002, un protocole d'entente pour l'élaboration d'un Schéma de couverture de risques incendie destiné à mieux protéger l'ensemble de la population de ses onze municipalités.
L'adoption du nouveau Schéma de couverture de risques incendie est donc prévue pour cette année. D'ici là, chacune des municipalités du territoire demeure responsable de la protection contre les incendies et les résidants bénéficient toujours d'un service de prévention et d'intervention adéquat.
Dans le premier scénario envisagé, il est proposé aux municipalités de travailler individuellement mais de collaborer avec leurs voisines afin de répondre aux exigences du schéma et de servir la population.
Puisque les différents bâtiments du territoire seront catégorisés en fonction de leur niveau de risques (nombre d'occupants, usage et superficie), une réponse multi-casernes serait automatiquement déployée en cas de feu important. Actuellement, ce n'est qu'une fois arrivé sur les lieux que le chef du service d'incendie décide de faire appel à ses confrères des casernes avoisinantes.
Toujours selon ce scénario, les neuf services d'incendie seraient maintenus, mais deux bureaux de prévention seraient construits au sein de la MRC. Les municipalités s'échangeraient les factures en fonction des appels.
Dans le second scénario, on propose de mettre en commun les ressources matérielles et humaines des neufs postes dans deux regroupements administratifs divisés entre l'est et l'ouest du territoire. Dans ce cas, les villes se partageraient les coûts d'après leurs ressources et leur population.
Les deux propositions ont été présentées aux pompiers de la MRC et soumis aux élus. Ces derniers devront dorénavant s'entendre quant au schéma à adopter.
Il est possible que sa forme finale diffère des deux options mises de l'avant par l'organisme supramunicipal, cependant les éléments apportés par celui-ci serviront de base à la prise de décision.
Le chargé de projet, Michel Lussier, qui est également directeur du Service d'incendies de Châteauguay, espère que le scénario adopté pourra être soumis au ministère de la Sécurité publique à la fin de l'année afin d'être mis en œuvre dès 2008. Les municipalités auront ensuite cinq ans pour s'y conformer.
Une fois adopté, le schéma de risques offrira une protection aux villes qui pourront difficilement être poursuivie par les compagnies d'assurances qui auront le fardeau de la preuve. Elles devront en effet démontrer, en cas de sinistre, en quoi une municipalité n'a pas respecté son plan ou son temps de réponse lors d'un feu. Or, si cette dernière n'a pas adopté de schéma, il sera de son devoir de prouver le contraire.
Ajoutez votre commentaire
Devenez membre pour ajouter un commentaire