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Encore du bon

Michel Thibault

Le Soleil de Châteauguay - 4 février 2006

Éditoriaux > Billet / Éditorial

Châteauguay n'a pas de centre-ville. Mais elle a un cœur. Ce qui compense largement.

Quatre jours avant Noël, un incendie a ravagé un immeuble de 40 logements dans la municipalité, jetant une centaine de personnes à la rue. Le drame a montré qu'il y a encore beaucoup de bon dans notre société réputée égoïste et dominée par le chacun-pour-soi.

Les efforts conjugués d'une foule de gens ont permis d'atténuer la douleur de ces gens frappés par le malheur, qui, pour plusieurs, étaient des personnes âgées dont les biens n'étaient pas assurés.

Au premier chef, les pompiers de Châteauguay et leurs collègues de treize autres services, arrivés rapidement en renfort, méritent un coup de chapeau pour leur intervention efficace et humaine.

En observant le spectacle des flammes qui rougissaient le ciel, le 20 décembre, plusieurs étaient persuadés que l'immeuble touché serait une perte totale. Finalement, les pompiers ont limité les dommages causés par le feu à six logements sur 40. Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai trouvé qu'ils avaient été pas mal bons. Ma perception a été confortée par le photographe de faits divers de longue date au Journal de Montréal André Bonin, qui était sur place à titre de bénévole le soir de l'incendie. "Dans ma vie, j'en ai vu des feux et je peux vous dire que les pompiers ont travaillé de façon très professionnelle. Leur rapidité m'a impressionné", a-t-il affirmé.

La réaction prompte et efficace de la Ville est également digne de mention. Éprouvée dans le passé par quelques inondations, le verglas et le blocage du pont Mercier, la municipalité a parfait un plan de mesures d'urgence bien structuré qu'un ensemble d'employés applique rondement. Tandis que le feu faisait rage, le 20 décembre, le directeur général de la municipalité, Paul G. Brunet, a déclenché ces mesures spéciales et la Ville était déjà prête à accueillir les sinistrés dans un centre d'hébergement temporaire le soir même.

La municipalité s'est aussi organisée en moins de deux pour recueillir les dons du public, notamment grâce aux bons soins de la secrétaire du maire, Diane Gagnon.

Une dame de Montréal voulant aider a été bien étonnée quand je lui ai dit au téléphone, le surlendemain du drame, qu'elle pouvait aller livrer des articles à la caserne des pompiers. "C'est déjà tout organisé ? Mon dieu, la Ville est vite", elle a réagi. De quoi être fiers de notre municipalité.

Bravo également à tous ces gens, des citoyens ordinaires d'un peu partout, et des entreprises qui ont offert en dons aux sinistrés un grand total de près de 37 000 $ ainsi que des articles de toutes sortes qui ont occupé 2000 pieds carrés dans la caserne des pompiers châteauguois. Le coup de pouce a été très apprécié, ont assuré les porte-parole des victimes au moment de faire le bilan cette semaine.

Plusieurs sinistrés ne sont toutefois pas au bout de leur peine n'ayant pas trouvé de logement abordable où habiter en attendant que leur immeuble soit réparé. Souhaitons que la compagnie qui couvre l'édifice amoché réglera le dossier avec le même esprit de solidarité et de compassion qui régnait jusqu'ici afin que les sinistrés puissent réintégrer leur logis le plus tôt possible.

Michel Thibault


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