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Encore des élections! Et sur l’économie, en plus! Et l’environnement alors?

Le Journal de Chambly - 25 novembre 2008

Opinions > Lettres des lecteurs

Notre premier ministre Jean Charest a replongé notre province dans des élections, ce dont personne ne veut, et avec un thème imposé, l'économie. C'était à prévoir, avec les difficultés bancaires chez nos voisins du Sud, qui nous soufflent un vent de panique ici aussi.

Mais un enjeu beaucoup plus important nous préoccupe depuis encore plus longtemps, que Stéphane Dion a tenté de mettre à l'avant-scène aux élections fédérales tout dernièrement: l'environnement, c'est-à-dire la pollution. La pollution, qui a un effet désastreux sur tout le reste, soit le système de santé, l'agriculture, le transport, les infrastructures, les sources d'énergie, l'alimentation, notre qualité de vie, etc.

Notre système de santé bat de l'aile: la pollution de l'air est la cause de plus de 10% des décès en Montérégie, nos enfants souffrent d'asthme, de troubles de comportement et de déficits d'attention et d'apprentissage, des études trouvent des corrélations entre l'agriculture intensive et les cancers chez les enfants.

L'agriculture, telle que pratiquée depuis presque dix ans, est la source principale de pollution diffuse qui pollue nos rivières et nos lacs, mais continue de recevoir des subventions et des soutiens fiscaux qui devraient aller aux méthodes privilégiées par plusieurs, qui aiment mieux manger du bio ou du terroir. En attendant de meilleures pratiques, une énergie incroyable est dédiée aux "nettoyages des ruisseaux". Les citoyens doivent creuser à leurs frais de nouveaux puits artésiens et les villes voient les dépenses des usines de filtration de l'eau potable augmenter tous les ans.

Le manque de coordination et de mise à jour de nos transports en commun fait que deux, parfois trois automobiles sont stationnées dans les cours des maisons de banlieue durant la nuit, monopolisant une grande part du budget familial, tout en maintenant sur la route des véhicules énergivores et pas nécessairement maintenus en bonne condition mécanique, tandis que nos ponts et viaducs s'écroulent et les autobus et wagons de métro sont pleins à craquer, malgré les horaires pas toujours commodes. Tout dernièrement, des alertes de smog au début d'un novembre tempéré ne peuvent être causées que par les moteurs à combustion des véhicules: il ne fait pas assez froid encore pour accuser les méchants poêles à bois (faudra-t-il encore répéter que le bois brûlé dans les poêles provient d'arbres qui ont capté le carbone dans l'air tout récemment, alors que le gaz et le diesel brûlés par les véhicules proviennent du carbone qui avait été fixé il y a très, très longtemps?)

Plutôt que d'encourager le mesurage net chez les citoyens prêts à essayer le solaire ou l'éolien, notre société d'État préfère couler du béton dans les dernières rivières sauvages qui nous restent. Plutôt qu'harmoniser des parcs éoliens avec les barrages déjà existants, les fonds publics (ou des fonds qui devraient aller au public) iront à remettre en état une centrale nucléaire vieillissante et dépassée (et polluante), construire un pipeline pour acheminer les résultats des sales sables bitumineux et un port méthanier (ou plusieurs?) qui dépendra d'un approvisionnement d'autres produits fossiles venus d'ailleurs.

Et puisqu'une population en santé (donc, qui n'est pas un fardeau pour le système de santé) dépend de nourriture saine, comment comprendre l’absence d'étiquetage des aliments qui contiennent des organismes génétiquement modifiés, le manque de suivi des ventes de pesticides et leur épandage, le peu d'inspections et de contrôles des fermes industrielles, de leurs fosses à purin, de la disposition de leurs carcasses, des bandes de délaissement, des dates d'épandage?

Puisque nous n'avons aucun mot à dire dans la décision d'avoir (encore) des élections, serait-il possible d'avoir de vraies solutions aux problèmes profonds de notre économie et repenser sérieusement nos priorités et nos valeurs? Car je pense que les problèmes sont causés par un conflit de valeurs: choisir entre permettre aux riches de s'enrichir encore plus et creuser le gouffre entre les nantis et ceux qui le sont moins, ou mettre l'accent sur la qualité de ce qui est essentiel à la vie des riches comme des moins riches, c'est-à-dire l'air que l'on respire, l'eau que l'on boit et la nourriture que nous consommons, voilà ce que notre vote doit refléter cette fois-ci. Et comme bonus-surprise, gagez-vous que l'économie s’en portera mieux également?

Johanne Dion

Richelieu


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