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Il existe au Parti Québécois une énigme qui s'est révélée de façon flagrante au cours des derniers jours, à la suite de l'élection de Stéphane Dion à la tête des libéraux fédéraux. Le lendemain matin, qui voyait-on dans les journaux pour présenter le point de vue des péquistes sur cet événement ? L'ancien chef Bernard Landry.
Quelques jours plus tard, la plume acérée du caricaturiste de La Presse, Serge Chapleau, démontrait en quelques traits le malaise dont personne ne semble vouloir parler au PQ, celui du chef André Boisclair. J'ignore pourquoi, mais il semble que le jeune chef péquiste ne fait jamais parler de lui dans les médias pour les raisons dont on devrait s'attendre. L'occasion était pourtant belle cette semaine. L'arrivée de Stéphane Dion comme chef du Parti libéral canadien lui était servie sur un plateau d'argent; Dion, le rat, le l'universitaire hautain, celui que tout souverainiste se plaît à détester depuis l'adoption de la Loi sur la clarté référendaire, et dont l'accession aussi rapide qu'inattendue rappelle vaguement l'ère centralisatrice des Trudeau et Chrétien, Dion dis-je, valait bien une réaction naturelle sinon nécessaire de la part du chef péquiste. Réaction qui n'est pourtant parvenue que par l'ancien chef Bernard Landry.
Il est à se demander si les péquistes ne commencent pas à se questionner sur le choix de leur chef. L'élection de M. Boisclair semblait pourtant prometteuse à l'origine, comme un vent de fraîcheur et de renouveau porté principalement par les jeunes membres du parti. Absent de la scène politique dans les premiers mois suivant son élection, celui-ci avait prétexté vouloir s'imprégner des différentes régions du Québec, loin des caméras, avant de se faire élire et de faire son entrée à l'Assemblée Nationale. Bon, cette prétention pouvait toujours s'expliquer, par une stratégie de travail de terrain, comme on dit dans le jargon politique. Mais il demeure que André Boisclair est maintenant le chef de l'Opposition officielle à Québec, et chef du principal parti prônant la souveraineté du Québec.
Malheureusement pour ses membres et partisans, le jeune chef a plutôt été remarqué dans les médias pour des raisons plutôt loin de l'actualité politique. Au départ, c'était son orientation sexuelle, puis son admission d'avoir consommé de la cocaïne, puis récemment, sa participation à un vidéo des Justiciers masqués, geste qu'il n'a d'ailleurs pas osé assumer quelques jours plus tard.
Quoiqu'il en soit, il commence à se faire tard pour changer quoi que ce soit. Les péquistes devront assumer leur choix, ils devront "vivre avec", même si certains regretteront sans doute d'avoir laissé filer Pauline... ou Legendre.
Pour ce qui est de l'arrivée de Stéphane Dion comme chef du Parti Libéral du Canada, nul doute qu'elle cadre bien dans la façon de faire du parti, dont les membres ont toujours le flair d'élire un Québécois francophone sachant tenir tête aux souverainistes. M. Dion demeure cependant un politicien intelligent. Il a déjà commencé à placer ses hommes dans les postes stratégiques de sa formation, et on peut s'attendre à ce qu'il joue davantage sa carte verte que sa carte rouge pour amadouer une majorité d'électeurs québécois.
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