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DELSON – François Rebello rencontrera en août les dirigeants du Groupe CSL, dont un des vraquiers a déversé par accident des tonnes de carburant dans la Voie maritime, le 12 juillet.
Le député de La Prairie entend réclamer plus de contrôle de la compagnie mère de la Canada Steamship Lines.
Actuellement, seuls les navires qui transportent des produits dangereux sont munis d’une double coque pour éviter qu’ils ne perdent leur chargement lorsqu’ils voguent. Comme le navire MV Richelieu avait à son bord des tonnes métriques de blé, il n’était pas soumis à des règles de contrôle aussi strictes.
Par un malheureux concours de circonstances, l’ancre a perforé la coque du bateau en panne à l’écluse de Sainte-Catherine. L’eau a créé une pression et déversé une partie du diesel sur le pont. L’équipage n’a pu le contenir.
Qu’à cela ne tienne, il faut exiger davantage de la part de la plus importante compagnie de navigation canadienne et des autres, selon M. Rebello.
«Est-ce qu’on ne peut pas penser à installer une double coque ou une membrane de plus? Est-ce qu’il n’y aurait pas lieu d’entourer le réservoir d’essence ou de le surélever pour qu’il ne soit pas à la hauteur de la coque?»
Le Groupe CSL n’a pas retourné l’appel du Journal avant de mettre sous presse, mais un porte-parole a confié à un quotidien montréalais que l’entreprise allait à l’avenir acquérir des bateaux dont les réservoirs seront moins exposés.
Le député a immédiatement répliqué qu’il est de la responsabilité sociale du Groupe CLS de convertir aussi ceux existants.
Bien qu’il s’agisse d’un accident unique (le premier en 51 ans dans la Voie maritime), la situation n’est pas à prendre à la légère, selon M. Rebello.
«On est super vulnérables dans la région. On se doit de s’assurer que des normes élevées sont appliquées», a-t-il mentionné.
Même si le déversement ne se compare en rien avec la fuite de pétrole survenue dans le golfe du Mexique, le politicien en fait néanmoins une comparaison.
«On se fiait tous à la régulation en vigueur et on se rend compte aujourd’hui que ce n’était pas suffisant», a-t-il affirmé.
En cours d’entrevue, le député du Parti québécois a écorché au passage l’ancien premier ministre Paul Martin, qui s’est porté acquéreur de la Canada Steamship lines au début des années 1980. Il a depuis cédé la compagnie à ses fils. L’entreprise a enregistré des bateaux ailleurs qu’au Canada pour jouir de paradis fiscaux.
«C’est quand même drôle qu’un politicien ne montre pas l’exemple», a nargué M. Rebello. n
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