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Ils ont eu chaud, se sont forgé les mollets en grimpant les Rocheuses, ont pédalé les Prairies et rencontré quelques avaries en cours de route. François Guérard, 49 ans, de Châteauguay, et Yves Daigneault, 56 ans, de Léry rapportent plus d'une anecdote dans leurs bagages. Ils veulent aussi montrer aux jeunes que le rêve est possible et que, quand on se fixe des objectifs, on peut les atteindre en y mettant les efforts nécessaires.
Les deux voyageurs ont aussi profité de l'occasion pour sensibiliser les gens à la sclérose en plaques. Ils ont distribué de nombreux T-shirt commandité par la pharmaceutique Serono, qui produit un traitement contre cette maladie.
"Nous voulions donner une dimension supplémentaire à notre voyage. L'idée de défendre une cause me plaisait. Comme mon beau-frère souffre de sclérose en plaques, le choix s'est tout de suite porté vers cette cause", explique Yves Daigneault.
Partis le 7 juillet en avion direction Vancouver, les deux hommes ont enfourché leur tandem et débuté leur périple deux jours plus tard. Ils sont arrivés à Léry le 12 août dernier. C'est Yves Daigneault qui a initié l'aventure : un projet qu'il mijotait depuis plus de 30 ans.
"Ça fait 33 ans que j'y pensais. À 23 ans, j'avais fait le voyage en sens contraire (Montréal - Vancouver) après mes études universitaires. J'étais parti avec un ami, mais il m'a laissé tombé après quatre jours. J'ai terminé mon périple seul. En chemin j'ai croisé un homme qui, lui, pédalait vers Ottawa où il allait voir son fils. Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé qu'il avait 56 ans et je me suis dit qu'à cet âge-là, j'aimerais bien refaire cette traversée à vélo", raconte-t-il.
"L'expérience a été pénible, j'avais perdu près de 10 kilos. Mais j'avais aussi appris à triompher de l'adversité."
En l'an 2000, Yves Daigneault se dit qu'il est temps de s'enligner s'il veut réaliser son rêve. Il commence donc à se préparer. Au printemps dernier, il fait part de son intention à ses collègues de travail, histoire de voir si quelqu'un voulait l'accompagner. C'est François Guérard qui saisit la perche lancée.
"Comme je craignais encore de me faire refaire le coup d'il y a 33 ans, j'ai proposé à François de le faire en tandem. Il a accepté d'emblée. C'est ainsi que nous sommes partis sur les routes du Canada", souligne-t-il.
Les deux cyclistes ont roulé une moyenne de 150 kilomètres par jour. "Rouler en tandem c'était vraiment une bonne idée. Chacun compensait pour l'autre. On n'avait pas l'impression de se ralentir", continue Yves Daigneault.
Les deux profs ont pu admirer des paysages à couper le souffle. "La nature est tellement différente d'une province à l'autre. Les rocheuses c'était vraiment impressionnant. Mais cette aventure nous aura surtout permis de faire un voyage en nous. Pour moi, l'idée d'être sur la route à vélo, c'est une idée de bonheur", confie-t-il.
Une mauvaise chute survenue au troisième jour aurait pu mettre fin au voyage. Les deux cyclistes s'en sont heureusement tirés avec plus de peur que de mal. "Ce n'était pas évident. On descendait une pente et le tandem tirait une remorque avec plus de 50 kilos d'équipement. On s'est retrouvés dans le décor !", commente M. Daigneault.
Une autre fois, alors que le duo se retrouve au milieu de nulle part, sur une route déserte du Minnesota, ils ont une crevaison. "Ce n'était pas la première, plutôt la vingtième. Nous n'avions plus rien pour réparer la chambre à air. On essayait tant bien que mal avec des moyens de fortune. Il n'y avait rien qui tenait. Stoïque, François se relève et marche le long de la route. Il se dit que si les gens nous voient tous les deux en train de réparer la crevaison, ils vont se dire que tout va bien", explique Yves Daigneault.
"En moins de cinq minutes, deux voitures s'étaient arrêtées. Dans la deuxième, il y avait une gang de passionnés de vélo qui avaient dans le coffre tout un atelier de réparation de vélo. Ils nous ont donné plein de trucs. Ça redonne confiance dans la gent humaine", confie le cycliste.
"Et puis de notre côté, on a pu rendre la pareille à un jeune étudiant de Montréal mal pris. Lui aussi n'arrivait plus à réparer son vélo", conclut Yves Daigneault.
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