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Des chiffres douteux

Le Journal de Chambly - 7 novembre 2006

Opinions > Lettres des lecteurs

Les CALACS mènent actuellement une campagne pour démontrer qu'ils ont besoin de plus d'argent pour mener à bien leur mission. Leur argumentation est fondée sur une enquête de Statistique Canada qui remonte à... 1993. Pourquoi n'utilisent-ils pas les enquêtes nationales sur la victimisation plus récentes de 1999 et 2004? S'agit-il d'un aveu à peine voilé que leurs campagnes de prévention n'ont rien donné sur l'incidence des agressions sexuelles et que rien n'a changé depuis 1993? Si tel était le cas, pourquoi alors les contribuables devraient-ils soutenir à coup de millions annuellement des CALACS inefficaces?

L'autre hypothèse est que les chiffres officiels de 2004 démontreraient que l'épidémie d'agressions sexuelles colportée par les CALACS ne tient pas la route et serait pas mal moins spectaculaire que celle de 1993. Y aurait-il alors tentative de manipulation de l'opinion publique alors même que la situation actuelle concernant les agressions ne refléterait aucunement celle de 1993?

Le plus inquiétant, c'est que certains groupes de pression qui coûtent une fortune aux contribuables peuvent lancer sur la place publique toutes sortes de statistiques douteuses en sachant fort bien qu'il y a peu de risques qu'ils soient dénoncés.

Troublant aussi le fait que les journaux et les médias en général contribuent à cette stratégie de désinformation en négligeant de vérifier la validité des affirmations de plusieurs organismes de bienfaisance.

Dernièrement, lors du colloque sur la violence faite aux femmes qui s'est tenu à Montréal, des «chercheuses» ont affirmé que 800 000 enfants seraient victimes de violence familiale au Canada. Tous les médias ont repris en chœur cette énormité. Or, s'ils avaient pris le temps de faire un simple calcul effectué à partir des chiffres de Statistique Canada, ils auraient conclu que pour arriver à 800 000 enfants victimes, les femmes canadiennes devaient avoir mis au monde en moyenne huit enfants...

L'emploi de fausses statistiques est devenu problématique dans notre société et jamais les organismes en faute n'ont eu à se récuser publiquement. Leur crédibilité aurait pourtant dû en prendre pour son rhume.

Il est essentiel que notre société mette tout en œuvre pour venir en aide aux vraies victimes. Il est inconcevable toutefois que certains organismes puissent lancer en toute impunité dans les médias des chiffres mélodramatiques qui créent un climat d'angoisse dans la population. Il est encore plus inacceptable que nos professionnels de l'information servent de haut-parleurs à des responsables d'organismes subventionnés qui disent à peu près n'importe quoi...

Jean-Pierre Gagnon Pour l'équipe de recherche de L'Après-rupture


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