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L'Œil Régional - 2 décembre 2006
Opinions > Lettres des lecteurs
Quelle différence entre les propos de Kees Vanderheyden et ceux de Jean-Pierre Gagnon sur la guerre et ses victimes, dans la même édition de L'Œil Régional!
Alors que M. Vanderheyden démontre avec émotion la puissance de la compassion et d'un grand geste d'entraide en pleine guerre mondiale, on sent l'impuissance de monsieur Gagnon qui, article après article, reproche aux femmes la détresse des hommes... Ce qu'il ne mentionne pas, c'est que son groupe, L'Après-rupture, a invité les gens à célébrer la tuerie de la Polytechnique, sous prétexte que nous vivons dans la société la moins violente au monde. C'est cette proposition qui a fortement fait réagir le président de la Commission des Affaires sociales du gouvernement du Québec, M. Russel Copeman, lors de la consultation sur un nouveau contrat social pour l'égalité entre les femmes et les hommes, en janvier 2005. C'est entre autres pour cette raison que le gouvernement refuse de céder à leurs demandes. Parce qu'un gouvernement ne peut soutenir des groupes qui tentent de s'imposer par la colère et la violence.
C'est pourquoi j'invite monsieur Gagnon à retourner la question, c'est-à-dire à trouver des remèdes à cette colère et à la violence, plutôt qu'à l'encourager. Devant les accès de colère et de violence des ados qui se sentent impuissants face à une situation, tous les parents savent qu'il est beaucoup plus efficace de les inciter à communiquer, afin de pouvoir les aider à trouver des solutions positives. Ainsi, à force de patience, en "forçant" les enfants à régler les problèmes liés à leur frustration, on transforme cette force en puissance : puissance de compassion, d'aide, d'estime de soi, leur donnant ainsi des ailes pour aider un peu partout dans le monde, créer des compagnies, faire de l'art, ne pas abandonner l'école, etc. L'Œil Régional se fait d'ailleurs un plaisir de nous parler régulièrement de ces nombreux jeunes - et moins jeunes - qui s'engagent bénévolement ou qui réussissent des exploits; c'est l'une des choses qui fait que ce journal est si plaisant à lire.
La violence et la guerre n'ont jamais fait croître une société. Les pays où l'égalité entre les femmes et les hommes est la plus grande sont les pays les plus prospères sur la planète. Le Québec a tout avantage à combiner l'un à l'autre.
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