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Stella_Pollhuber
Stella Pollhuber

Améliorer sa vie avec le théâtre

Andréanne Brault

L'Œil Régional - 22 juillet 2006

Culture > Arts de la scène

Plusieurs souvenirs illuminent la voix de l'octogénaire Stella Pollhuber lorsqu'elle partage les expériences qu'elle a vécues au sein de la Troupe du Théâtre des Deux Rives. Quarante ans de pur bonheur, d'émotions et de dépassement de soi, c'est ce que cette dame qui est au sein de la troupe depuis ses tout premiers débuts a pu vivre.

Stella Polhuber est une femme heureuse et épanouie. Cette connaissance de soi, elle a pu l'améliorer grâce aux nombreux personnages qu'elle a interprétés. "C'est agréable d'être quelqu'un d'autre parce que je joue ma vie tous les jours. Ça ouvre vers de nouveaux horizons en nous permettant de voir qu'il y a des gens qui sont différents. Nous pouvons aussi découvrir des choses sur nous", affirme la dame de Belœil qui soutient que ce n'est pas parce qu'une personne ne se sent pas capable de jouer un personnage qu'elle ne pourra jamais le faire.

L'intérêt pour le théâtre de Mme Pollhuber a toujours été présent. "Toute jeune, quand je n'étais pas encore une élève, je me faisais déjà du théâtre. Je montais des pièces avec mes poupées", se souvient-elle. Sa première véritable expérience a toutefois eu lieu avec la Troupe du Théâtre des Deux Rives. Elle a vu une annonce dans L'Œil Régional provenant d'un homme qui voulait fonder une troupe de théâtre. Quelques semaines après s'être inscrite, elle a toutefois reçu un appel l'informant que l'activité n'aurait pas lieu, faute de participants. Une ou deux années plus tard, elle a de nouveau vu l'annonce. Cette fois, elle a convaincu quelques amies de s'inscrire, ce qui a permis à la troupe de prendre son envol.

Convaincue que tout le monde peut jouer, Mme Pollhuber prend son expérience à titre d'exemple en rappelant qu'elle a commencé à jouer à l'âge de 40 ans. "Il faut bien commencer quelque part. Il y a des rôles pour tout le monde et il n'y a pas de petits rôles, au théâtre", précise-t-elle. La passionnée a toujours été satisfaite des rôles qu'elle a obtenus et n'a jamais visé de premier rôle, même s'il lui est arrivé d'en obtenir.

Depuis maintenant quelques années, elle ne joue plus, mais assiste à chaque pièce de la troupe avec enthousiasme et en est toujours membre. "Je trouvais que la relève était là et que j'avais fait ce que j'avais à faire. Il faut partir quand ça va bien", mentionne-t-elle.

Lorsqu'elle parle de sa passion, le nom du metteur en scène de la troupe depuis déjà 15 ans, Marc-Alain Robitaille, revient à plusieurs reprises. Il est facile de voir que cet homme est un ami pour la comédienne, mais surtout qu'il l'a beaucoup touchée et a réussi à obtenir tout son respect et son admiration. On décèle d'ailleurs de la fierté dans sa voix, lorsqu'elle mentionne que c'est elle qui lui a donné sa première chance, puisqu'elle était présidente du conseil d'administration de la troupe à cette époque et l'a engagé. "On l'aime assez! C'est un homme de théâtre, c'était la première fois qu'on avait un professionnel pour nous aider. Il aime les acteurs et ça paraît. Il nous a permis d'apprendre des choses qu'on ne savait pas. Il n'a pas fini d'épater les gens. Il est dynamique, encourageant, franc, il a des idées, du tact et de la délicatesse", souligne-t-elle à propos de celui qu'elle appelle tendrement son petit frère.

Au fil des années, elle a participé à de nombreuses pièces qui ont façonné sa mémoire. Elle se rappelle des débuts difficiles de la troupe, faute d'argent. Ils avaient monté la pièce Sur le matelas, qui ne nécessitait presque pas de décor. Un rôle en particulier l'a marquée. Il s'agit de celui qu'elle a tenu dans la pièce Le temps d'une vie, de Roland Lepage où toutes les femmes étaient des Rosanna à différents âges. Cette pièce, à la fois tragique et drôle, lui a permis de vivre de nombreuses émotions. Stella Pollhuber a une préférence pour les drames. "Ça permet d'aller plus profondément dans l'émotion, de montrer plus de soi-même, de sa sensibilité", mentionne-t-elle.

Un autre moment qui l'a profondément marquée est le soir où son mari est arrivé, après une pièce, avec un bouquet de fleurs. "Il ne venait jamais et ça me blessait. Ça ne l'intéressait pas, mais un jour, il est arrivé avec un bouquet et ça m'a tellement touchée", ajoute la dame la voix pleine d'émotions.

Pour elle, le succès de la troupe réside dans le talent de ses membres, mais aussi dans la grande équipe de bénévoles qui, au fil des années, a permis de monter toutes ces belles pièces. Les membres de la troupe sont d'ailleurs très unis et respectueux les uns envers les autres.

"Ça rend heureux d'aller au théâtre, c'est un art et on sort de là plus riche. J'aime avoir des émotions, qu'on me fasse rire ou pleurer. Et lorsque je joue, je m'oublie et j'oublie tous mes tracas. J'ai une autre vie et je trouve cette vie-là intéressante. Il n'y a pas de limites au théâtre. Ça devient une passion et on ne ferait que ça. La vie est plus belle avec le théâtre", affirme celle qui a reçu un grand hommage, en étant nommée membre à vie de la Troupe du Théâtre des Deux Rives.


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