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Accoucher en état d'hypnose

Véronique Asselin

Le Reflet - 8 avril 2006

Actualité > Faits divers

DELSON - Plus besoin d'épidurale pour accoucher, il n'y a qu'à s'hypnotiser et le tour est joué!

"Il faut déjà être motivé pour accoucher naturellement sans médication. Accoucher dans le confort, c'est encore plus intéressant", explique Nathalie Fiset, médecin de famille et hypnothérapeute de Châteauguay.

"Les gens disent qu'ils ne peuvent pas être hypnotisés, mais ce n'est pas vrai, affirme-t-elle, tout le monde peut l'être. D'ailleurs Tiger Woods joue en hypnose, de même que les athlètes olympiques qui sont dans la zone, un état de concentration mentale optimale, pendant les compétitions."

Le médecin de famille qui effectue des suivis de grossesses et d'accouchements conseille à ses patientes de suivre des cours de formation en hypnose. Elle s'est vite rendu compte que les programmes proposés ne répondaient pas parfaitement à leurs besoins.

"J'ai lu tout ce qui se faisait sur le sujet. J'ai fait de recherches et j'ai monté un livre de 100 pages sur le sujet", raconte-elle.

Certifiée deux fois en tant qu'hypnothérapeute, elle propose maintenant son propre programme de formation à son bureau de Châteauguay.

Lors des quatre rencontres, les futures mamans apprennent avec leur conjoint à s'auto-hypnotiser. "Elles ne deviennent pas zombies, elles sont très relax", explique l'hypnothérapeute.

Lors de la première séance elles doivent être capables de parvenir sous hypnose en quelques secondes. À la maison, elles écoutent un CD durant la semaine afin de renforcer l'auto-hypnose.

La deuxième fois, elles s'initient à l'anesthésie de leur corps. "On sait par expérience que l'hypnose était utilisée lors de chirurgies majeures lorsqu'il n'y avait pas d'éther pendant la guerre, relate le médecin de famille. Quand je vais chez le dentiste, je ne prends jamais de novocaïne lors d'une chirurgie buccale. J'utilise toujours l'hypnose", soutient-elle.

Lors de la troisième session de cours, les instructeurs formés et certifiés par Mme Fiset, montrent à leurs élèves comment se construire mentalement un endroit parfait où elles pourront occuper leur esprit lors du travail. "À 90 %, elles choisissent la plage. Ça doit être québécois, ça!", dit-elle en riant.

Elle ajoute que le principe de base du cerveau, c'est qu'il ne peut être occupé à deux endroits à la fois, ce pourquoi le paradis imaginaire devient aussi important.

La dernière leçon permet aux participantes de récapituler les notions acquises et de visualiser l'accouchement. Elles se créent une bulle protectrice afin de ne pas être déconcentrées par les bruits et les gens présents.

"On demande aux patientes de ne pas regarder d'émissions traumatisantes et de ne pas se laisser influencer par les messages négatifs", raconte l'hypnothérapeute. Elle soutient qu'il y a beaucoup de propos de ce genre alors que plus de 95 % des accouchements se passent bien.

"Tout est dans la tête. Ça varie selon la motivation. Plus les femmes croient à l'hypnose, moins elles vont ressentir de douleur, raconte le Dr. Fiset. On peut faire une chirurgie abdominale majeure et la personne ne va rien ressentir si elle est bien concentrée."

Le médecin a effectué des missions médicales au Honduras et au Mexique pour s'apercevoir que la souffrance n'est pas une condition sine qua non de l'enfantement. "Là-bas, les femmes accouchent sans douleur parce que ça n'est pas dans leur culture d'avoir mal", conclut l'hypnothérapeute. Pour information consulter le site Internet d'Hypno-vie à ww.hypno-vie.com .


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