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Sylvie Bertrand s'est procurée un petit guide pour comptabiliser ses calories.
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"Aujourd'hui quand j'entre dans un club, les gars me regardent. Avant, je n'ai jamais été cruisée", dit Sylvie Bertrand.
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Rendue à 125 livres, Sylvie Bertrand maintient désormais son poids.

Sa recette : brûler chaque jour plus de calories qu'elle en consommait

80 livres perdues en 365 jours

Michel Thibault

Le Soleil de Châteauguay - 26 mars 2005

Actualité > Faits divers

En un an, Sylvie Bertrand de Mercier a perdu 80 livres et gagné une tonne de confiance. Sa recette : brûler chaque jour plus de calories qu'elle en consommait.

Faisant osciller la balance à 205 livres à la sortie de l'adolescence, la jeune femme a essayé toutes sortes de diètes, de programmes et de produits "miracle" pour maigrir. "Je jouais au yo-yo. Je perdais 30 livres et je les reprenais. Ça n'avait pas de bon sens !", lance la dame de 26 ans qui maintient son poids à 125 livres, pour une taille de 5 pi 6 po, depuis le mois d'octobre dernier.

Comment peut-elle être certaine que le yo-yo est terminé ? "Je suis sûre que je ne vais pas reprendre de poids parce que je ne suis pas un régime. J'ai vraiment changé mes habitudes de vie. Les chips, c'était mon point faible. J'en mange encore de temps en temps mais je m'en tiens à un bol. Je me connais, si je laisse le sac à côté, je le vide", dit Sylvie Bertrand.

L'ancienne ronde à l'allure maintenant élancée reproche aux formules comme Weight Watchers ou Minçavi de ne pas être personnalisées et de ne pas coller à la réalité.

"Que t'aies 10 livres à perdre ou 100, c'est le même régime. Moi, quand je pesais 205 livres, si je mangeais seulement 1300 calories par jour, j'avais faim. Après deux ou trois semaines je lâchais", raconte Sylvie.

"Par exemple, avec Minçavi, il ne faut pas manger plus de trois tranches de pain par jour. Bien, si tu vas souper chez des amis, qu'ils servent des spaghettis et que t'as déjà mangé tes trois tranches de pain, tu ne peux plus en prendre", déplore-t-elle. "Je ne dis pas que les programmes comme Weight Watchers sont mauvais. C'est bien mais ce n'est pas la vraie vie."

C'est une amie, Véronique Guérin, qui a montré à Sylvie Bertrand un concept qui a eu l'effet d'une révélation. "Elle m'a amené une feuille de calcul de calories obtenue d'un prof d'éducation physique. Le principe m'a accrochée."

La méthode consistait à additionner toutes les calories absorbées dans une journée et s'arranger pour obtenir un déficit en faisant de l'exercice.

"Avant, quand je mangeais des chips durant un régime, je me sentais coupable. Avec ce principe, les chips c'est juste des calories. Ça devient un chiffre."

À l'aide d'un petit guide et des données fournies sur un site Internet, Sylvie Bertrand traduisait quotidiennement tout ce qu'elle mangeait en calories et s'efforçait de d'en dépenser davantage.

"À 205 livres, je mangeais 2000 calories par jour et je maigrissais parce que j'en dépensais 3000." À ce rythme, une livre, qui correspond à 3500 calories, fond en trois jours et demi.

Pour brûler des calories, Sylvie Bertrand marchait. "Au début, après 45 minutes de marche, j'avais mon quota. J'étais essoufflée et j'avais mal aux jambes. Là, je pourrais marcher 24 heures."

Mince et "imparfaite"

Après avoir atteint son poids cible, Sylvie Bertrand confie qu'elle a vécu une période de déprime. Le résultat ne la satisfaisait pas.

"Quand t'es gros, tu t'imagines que, si tu maigris, t'auras un corps parfait. Ce n'était pas le cas. Les filles, on s'examine et on se compare beaucoup aux autres. Je n'avais pas le corps des stars avec une peau parfaite et un ventre plat. Je me disais : je ne pourrai jamais être comme ces filles-là. J'ai été déprimée pendant deux mois", affirme-t-elle. "On associe maigreur et perfection. Des filles littéralement coupées au couteau, c'est l'image qu'on nous projette partout. Au Canal Vie, il y a une émission sur les chirurgiens riches et célèbres. Il y a aussi les programmes de transformations extrêmes."

Sylvie Bertrand a pensé au bistouri pour faire disparaître quelques vergetures puis elle a décidé de plutôt consulter une psychologue. "Quand j'ai un problème, je le règle. Une seule consultation a suffi. La psychologue m'a fait prendre conscience que j'étais très influençable par rapport aux filles dans les pubs."

Jamais cruisée à 205 livres

Son nouveau look a transformé la vie de Sylvie Bertrand. "Mon estime de soi et ma confiance en moi ont augmenté beaucoup, beaucoup, beaucoup", dit-elle.

Pour la première fois, elle se fait courtiser. "Quand j'étais grosse, je ne sentais pas de pression sociale mais je vivais des déceptions. Quand on sort, les filles, on aime ça se faire voir, on aime plaire. À l'époque, quand j'allais dans les clubs, aucun regard ne se posait sur moi", explique-t-elle. "Pas parce que j'étais grosse, précise Sylvie, parce que je n'avais pas confiance en moi. J'ai des amis grassouillettes qui s'arrangent, qui sont bien dans leur peau et les gars sont après elles."

La Sylvie métamorphosée connaît beaucoup de succès. "Aujourd'hui, dans les bars, les gars m'abordent. Je trouve ça même fatiguant par bouts. Je leur dis : ha, ha, j'ai un chum !"

Elle souligne que ce n'est pas le regard des autres qui l'a motivée. "C'est ma santé. Je me disais : ça n'a pas de bon sens être comme ça à 25 ans."

Mince jusqu'à 17 ans

Sylvie souligne qu'elle a toujours été mince, jusqu'à l'âge de 17 ans. "Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai engraissé de 90 livres en deux ans."

A-t-elle déjà essuyé des moqueries à cause de son poids ? "Non, je crois que ce sont les gens qui souffrent d'obésité morbide qui peuvent se faire insulter gratuitement."

Elle-même, cependant, avait peur de ce que les gens pouvaient penser. "Avant, je n'aurais pas fait de patin à roulettes. J'aurais eu peur de faire rire de moi. Que les gens disent : regarde la grosse qui essaie de patiner."

Est-ce plus difficile de trouver un emploi pour une personne bien enveloppée ? "Ça c'est certain !", s'exclame Sylvie Bertrand. "Aujourd'hui, je me fais offrir des emplois sans que je le demande", note-t-elle. Elle décline cependant. Elle reste à la maison pour s'occuper de son fils Ludovick, deux ans et demi. "J'ai la satisfaction d'élever mon garçon."

En plus de la photo de son fils, la jeune femme garde dans son portefeuille une image de l'ancienne Sylvie. "Je ne le faisais pas au début. Je l'ai mise dans mon portefeuille parce que lorsque je raconte mon histoire aux gens, ils veulent toujours voir ce que j'avais l'air avant."

Membre de l'organisme la Station de l'aventure, qui offre des activités aux familles avec de jeunes enfants, Sylvie a commencé à partager sa méthode et son histoire avec quelques mamans du groupe. Elle prévoit aussi donner des conférences.

"Ça intéresse beaucoup les gens. Je veux aider. Si moi j'ai réussi, les autres peuvent aussi. C'est pas en suivant des régimes sévères et en prenant des médicaments qu'on arrive à un poids santé."

On nous incite à trop manger

Au passage, Sylvie Bertrand pointe les restaurants du doigt. "L'autre jour, j'ai commandé un pizza-ghetti au restaurant de la Place. J'aurais pu nourrir toute la famille avec le plat. J'en ai mangé le quart et je n'avais plus faim. Les portions servies dans les restaurants sont gigantesques. Partout, on nous incite à trop manger."

La dame dit apprécier le virage santé qui s'opère dans les fast-foods. C'est d'ailleurs le reportage sur le sujet publié dans le journal L'Information du 9 mars qui l'a amenée à faire un témoignage au journal.


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