Les célèbres paroles du chansonnier Félix Leclerc "moi mes souliers ont beaucoup voyagé" auraient pu être écrites pour Réjean Moreau. Ce Varennois, qui cumule les marathons depuis de nombreuses années, a dernièrement dépassé ses propres limites personnelles. Un exploit que bien des humains n'auraient pu réaliser.
Son défi, il l'a réalisé lors d'un marathon qui s'est déroulé la fin de semaine dernière dans la forêt de Haliburton à West Guilford en Ontario. Dans un peloton de 28 personnes, il a usé ses espadrilles sur une distance de 160 kilomètres à la course, pendant 27 heures consécutives. Une course qu'il a terminé huitième.
Cette épreuve n'a pas été de tout repos. Mais il l'a réalisée pour une bonne cause, celle de la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative qui attaque certaines cellules nerveuses à l'intérieur du cerveau et de la moelle épinière. Une situation qui peut amener, à long terme, une perte de contrôle au niveau musculaire.
"Je l'ai fait en me disant que j'avais les moyens physiques de le faire alors que les personnes qui sont atteintes de cette maladie, non. J'ai donc couru pour elles."
Jogger pendant plus d'une journée pourrait sembler impensable pour plusieurs. Curieusement, ça peut même paraître une montagne pour les personnes concernées.
"La première chose que je me suis dit au départ, c'est "qu'est-ce que je fous ici?", plaisante M. Moreau. Ça peut paraître tellement gros, mais on se dit qu'on ne peut pas lâcher, surtout lorsqu'on a fait la promesse à son garçon. On entre vraiment dans un autre monde et on s'encourage tout le long."
Heureusement pour les coureurs, plusieurs postes d'arrêt ont été dispersés en bordure de la piste balisée, leur permettant de faire le plein de nourriture et d'eau à chaque dix kilomètres.
Pour réussir une telle course, il faut un peu plus que de la volonté. En fait, il faut avoir une discipline de fer pour pouvoir s'entraîner avec acharnement plusieurs heures par semaine, comme le démontre M. Moreau.
"Je cours en moyenne dix kilomètres tous les soirs et l'hiver, je fais en plus du ski de fond. Je complète mon entraînement avec du patin à roulettes. Ça fait près de trente ans que je m'exerce régulièrement."
L'homme de 51 ans a une excellente forme physique. C'est elle qui lui a d'ailleurs permis de se relever et de récupérer rapidement après la course. "Lorsque j'ai fini le marathon, j'ai soufflé un peu et tout ce que je souhaitais, c'était de me coucher par terre. Mais j'ai repris mon énergie assez rapidement. Lundi matin, j'étais au boulot à l'heure alors que le marathon avait lieu la veille! J'aime tellement ça. L'année prochaine, je veux refaire le marathon de Lévis pour la dixième fois. À chaque année, je fais une épreuve de cette importance."
Cet athlète de haut calibre a pris beaucoup de recul par rapport à ces épreuves que l'on pourrait qualifier d'"extrêmes". Il se trouve chanceux de pouvoir accomplir de tels exploits.
"Quand on réussit cet accomplissement, on a l'impression qu'il n'y a plus aucune limite, comme si plus rien n'était insurmontable. Je me sens privilégié d'être capable de faire de telles prouesses et ça serait du gaspillage de ne pas le faire."
Pour avoir davantage d'information sur la sclérose latérale amyotrophique : www.sla-quebec.ca
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