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Culture > Arts de la scène
Magique cette soirée de spectacle d’Yves Duteil à la salle Georges-Codling, présentée par Azimut Diffusion, vendredi soir. Pour les chansons qu’il a interprétées, savant dosage de nouvelles et d’anciennes qui traduisent l’homme, ses préoccupations d’humanismes qui rejoignent si bien les miennes.
Magique aussi par la complicité qui si tangible entre ses musiciens magiciens et lui à qui il laisse une grande place- Gilles Bioteau à la basse et Angelo Zurzelo au piano qui savent tous deux tirer avec enthousiasme de leur instrument des sons inattendus.
Magique aussi par la mise en scène inhabituelle qui permet à l’auteur compositeur-musicien-troubadour qu’est Duteil de circuler sur scène, et de parfois même dominer physiquement le piano, apparaissant ainsi plus grand que nature.
Magique en plus par ces éclairages tout à fait inédits signés Julien Bonny qui donnaient à cette salle vétuste un air de modernité
Magique surtout par la magie de ces mots triés sur le volet de Duteil pour décrire tant des drames que des petites choses de la vie, tant la grandeur que la fragilité. Des mots qui savent dire et inspirent à ceux qui les écoutent la préoccupation d’en faire autant ! Tel un joaillier qui tire de la pierre qu’il travaille, toute la beauté et lui «inculque» la puissance de fascination d’un joyau. Celle de cette langue française qu’il manie visiblement avec plaisir et qui fascine et émeut.
Malgré ses 40 ans de carrière, Duteil qui aborde la soixantaine, a toujours cette même voix jeune et douce qui sans avoir l’air de le faire, interpelle très fort, qu’il traite de sujets plus large – comme la vie, la mort, l’amour - que d’autres plus contemporains, comme la guerre en Irak ou en Afghanistan, le tsunami asiatique ou la violence conjugale. Qu’il se rappelle son enfance, les gens qui l’ont entouré, aimé ou marqué.
Et généreux, il a aussi chanté deux chansons que le public attendait fébrilement sans toutefois le demander explicitement: Prendre un enfant et La langue de chez nous. Fascinant que cette dernière prenne toujours tout son sens quand on sait qu’elle a été écrite pour nous, Québécois, que l’auteur la chante ici, devant nous, qui la chérissons et voulons la conserver belle, riche et immortelle.
Vous l’avez deviné : Duteil m’a rejointe plus que je ne le pensais. Et je suis retournée dans ma discothèque ressortir ces quatre ou cinq albums de lui, histoire de réécouter avec plus d’attention encore les paroles de ses chansons, en apprécier la finesse du verbe et du ton.
Après la rencontre, invité à la MRC, M. Duteil, qui est maire de la commune de Précy-sur-Marne, à 45 kilomètres à l'Est de Paris, a dit se réjouir de constater qu’au Québec, les régions sont aussi intéressées à la culture et au respect des artistes, surtout au moment où «la finance prend le pas sur l'artistique», a-t-il rappelé.
Comme il a dit avoir en commun avec la région son obsession pour le développement durable. Vous pouvez d’ailleurs mieux connaitre l’homme en allant sur son blogue où il écrit directement à son public: www.yvesduteil.com. Décidément, cet homme ne vieillit pas. Encore moins ses chansons !
J'aime beaucoup les chansons d' Yves Duteil: contente que vous le connaissiez aussi outre Atlantique! la dernière que j'ai fredonnée de lui: Jonathan. Le dernier disque de Francis Cabrel est beau lui aussi...
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