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Des fois, on se demande vraiment si le rythme de vie que la société s’impose en vaut vraiment le coup. On passe notre temps à courir après notre temps. On court pour se rendre au travail le matin, on court pour faire l’épicerie, pour faire le gazon, pour dîner, pour retourner au travail, pour respecter les échéanciers, pour préparer les repas, pour se rendre à nos loisirs, pour arriver au rendez-vous chez le médecin et parfois même après notre propre souffle. Paul Piché chantait, il y a plusieurs années déjà, Et puis le temps prenait son temps… C’est une chose plutôt rare de nos jours, est-on forcé de l’avouer.
À l’époque, les gens prenaient le temps de vivre même s’ils travaillaient très fort pour amener du pain et du beurre sur la table. Les hommes s’asseyaient le soir pour discuter avec leur conjointe, prendre une tasse de thé mais surtout prendre le temps de se reposer. Le dimanche était la journée où l’on profitait du temps pour reprendre les forces et souvent visiter ceux qui nous étaient chers. Aujourd’hui, on arrive à la maison à dix-sept heures, on soupe, plutôt on ingurgite notre repas, on repart aux loisirs des enfants ou aux nôtres sans parfois dire bonsoir à ceux qui ont «partagé» le repas avec nous. On revient en soirée, la broue dans le toupet, fatiguée de notre journée…Et c’est reparti le lendemain pour une autre journée de fou. Même le dimanche est une journée comme les autres.
La société a évolué mais a-t-elle vraiment fait le bon choix en optant pour la carrière, la productivité, le luxe et le monétaire? En vieillissant, le doute s’installe dans mon esprit. Du temps de mes grands-parents, on disait souvent que le plus important, c’était d’avoir suffisamment d’argent dans les poches pour nourrir et abriter la famille. Aujourd’hui, les mentalités ont totalement changé. L’argent et le travail n’ont d’autre choix que d’occuper une place importante dans la vie des gens s’ils veulent embarquer dans la parade et non uniquement la suivre derrière. La parade commence toutefois à prendre beaucoup trop de place sur l’autoroute de la vie. Un embouteillage est facilement perceptible à l’horizon.
Heureusement, plusieurs Québécois commencent à s’ouvrir les yeux et souhaitent que la famille et les loisirs retrouvent une place importante dans leur horaire hebdomadaire. Et non seulement pour combler les espaces de temps disponibles. Ils s’efforcent de se garder du temps pour «VIVRE». Avec l’arrivée de mes premières vraies vacances de la période estivale, je tenterai de me souvenir de ce que je viens d’écrire. Il faut prendre le temps de «VIVRE» car on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Une phrase clichée, diront certains, moi, je ne trouve pas. Car plus on en fait, et plus on nous en demande. Il faut parvenir à dire non parfois, car on s’oublie et on oublie les autres. Prendre le temps, s’arrêter et se repose, quelle bonne idée…Ça ira toutefois après le tournoi de soccer!
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