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Pour fonder une entreprise, il faut être prêt à mettre les bouchées doubles et à faire des sacrifices. Si la première année d'une nouvelle compagnie est la plus difficile, celle qui s'en vient risque de l'être davantage. Face à la crise, deux entrepreneurs d'ici sont tenaces et confiants.
À 29 ans, Mario Lacoursière est propriétaire de Direction vert qui fabrique des sacs réutilisables depuis cinq ans. Diplômé des Hautes Études commerciales de Montréal, il a fondé son entreprise alors que le mouvement écologique prenait une ampleur considérable en Europe. «On m'a parlé des sacs de plastique qui y ont été abolis et j'ai décidé d'en fabriquer.»
Si le jeune homme a commencé par les vendre un par un, il les écoule maintenant par centaine de milliers et a des contacts partout au Québec. «Les premières années, on en vendait de 5 à 10 000, maintenant c'est de 150 000 à 200 000», explique Mario Lacoursière. Face à la crise, l'entrepreneur est confiant.
«Je pense que ça va repartir. Notre système économique n'est pas si mal fait! Tout le monde veut travailler, avoir de l'argent et dépenser, la bourse a déjà commencé à remonter. La roue va repartir.» Mais Mario Lacoursière est surtout confiant en ses propres moyens. «Nous n'avons pas de dettes importantes ou de frais fixes et nous pouvons réduire notre personnel en cas de problème.»
Même son de cloche chez le Loup rouge, artisan brasseur. «Il va sûrement y avoir des petits ajustements à faire, par exemple sur les heures d'ouverture, mais sans dire que nous ne serons pas touchés, nous ne sommes pas comme un Rona!», explique un des trois membres fondateurs de cette coopérative de travailleurs, Jan-Philippe Barbeau.
Pour M. Barbeau, un des avantages de son entreprise tient dans sa diversité. «On essaie de répondre à plusieurs besoins de la clientèle. Par exemple, on reçoit des conférences de presse et on présente des spectacles.» Ce brasseur de formation estime ne rien pouvoir changer la situation et préfère aller de l'avant.
«Nous sommes une coopérative, par définition une coopérative a une base plus solide et son but n'est pas de faire un coup d'argent, mais la pérennité de l'entreprise. Nous avons fondé le Loup rouge pour nous créer des emplois qu'on aimerait et ce n'est pas à cause de quelques mois plus durs qu'on va baisser les bras.»
La coopérative a pignon sur la rue Roi depuis maintenant 18 mois. «On a eu un coup de foudre pour Sorel-Tracy. C'est une belle région en développement et le brasseur le plus proche est à 45 minutes de route.» Pour lui et ses collaborateurs, la région permet d'allier histoire, culture et bière à la perfection. «Il ne faut pas laisser cette région se fermer.»
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