Le Journal de Chambly - 4 décembre 2007
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Mes parents étaient des citadins qui passaient leurs étés à la ferme, chez des cousins. Une fois mariés, ils ont acheté un camp d'été sur le bord de la rivière Richelieu et, de leurs mains, ils en ont fait une maison quatre saisons. Pour économiser encore plus, ma mère cousait mes vêtements et cultivait nos petits fruits et nos légumes. N'ayant pas d'argent disponible pour acheter les matériaux nécessaires pour enrichir la terre et en améliorer la glaise épaisse de son jardin, dès les années 1950, ma mère compostait. Enfant, à ses côtés dans le jardin, mes tâches consistaient à aller chercher les légumes du repas et à retourner enterrer les pelures dans la section en friche.
Derrière notre propriété, le champ appartenait aux Oblats qui vivaient du fruit de leurs labeurs : une année, les patates y poussaient, l'année suivante, c'était un champ de fraises ou d'orge. Le champ en arrière de celui-là était du pâturage pour les vaches de monsieur Thibault.
En avant de notre propriété, c'était la rivière Richelieu, où je me baignais, petite, jusqu'à huit fois par jour. Ces deux mondes de mon enfance, celui de la terre et celui de l'eau, vivaient en harmonie. Enfant, je rêvais d'habiter sur une ferme comme celle des Oblats, mais avec des animaux. J'ai une affinité avec les animaux, peut-être plus qu'avec certains humains que j'ai rencontrés.
Je ne suis pas fermière, mais comme ma mère, je cultive mes petits fruits et mes légumes. J'ai appris à nourrir ma terre, à en étudier les textures, l'humidité. J'ai appris à distinguer les bonnes et "mauvaises" herbes, les techniques de désherbage, d'arrosage, de compostage. Je suis victime, moi aussi, d'une période de sécheresse, de pluies trop abondantes, d'un coup de gel tardif au printemps.
Il y a environ cinq ans, mon conjoint et moi sommes partis en promenade dans les rangs en arrière de Richelieu. Tout à coup, nous avons traversé une odeur qui m'a remplie de mélancolie de mon enfance. Je n'ai pas pu identifier cette odeur riche et sucrée immédiatement, et j'ai demandé à mon conjoint quelle était la source de ce parfum : je l'ai bien fait rire. Cette odeur de la campagne que je sens rarement désormais, c'était l'odeur du fumier de vache, bien composté et mûr pour l'épandage!
Vous comprendrez maintenant la peine que je ressens quand j'apprends que certaines personnes me considèrent comme «l'ennemie» de l'agriculteur, pour avoir joint ma voix à ceux qui, comme moi, pensent que les lois qui gèrent les activités agricoles doivent être repensées, que certaines pratiques agricoles doivent être revues, que certaines méthodes d'élevage sont néfastes pour l'humain, l'animal et l'environnement. J'espère toujours, peut-être naïvement, qu'il y a moyen de vivre ensemble en harmonie avec la nature, source de vie, d'inspiration et de sérénité.
Centre d’action bénévole de Saint-Césaire (CABSC) - 1100, rue Leclaire à Saint-Césaire
Centre d’action bénévole La seigneurie de Monnoir - 146, chemin du Ruisseau-Barré à Marieville
Centre de bénévolat de la Rive-Sud, point de service de Chambly (CBRS) - 1410, avenue de Salaberry à Chambly
Aux sources du bassin de Chambly - 1369, avenue Bourgogne à Chambly
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