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Malgré tout… les porcs à Richelieu

Le Journal de Chambly - 10 juin 2008

Opinions > Lettres des lecteurs

En 2005, malgré la crise porcine qui durait depuis des années, le moratoire sur les nouvelles porcheries, qui n'était pas complètement levé, malgré les recommandations du BAPE sur la production porcine sorties en octobre 2002, malgré qu'elle soit en amont des frayères du seul animal endémique du Québec menacé de disparition, en 2005, dis-je, on apprend que le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a donné son aval à la plus grosse nouvelle porcherie au Québec… à Richelieu, sur le bord de la rivière, en amont de la prise d'eau pour l'aqueduc de trois villes. Sans études en impact environnemental.

Malgré la mobilisation des citoyens, des manifs, des rencontres avec des ministres, des lettres, pétitions, cartes postales, malgré le changement d'administration à l'hôtel de ville de Richelieu, le permis de construction est donné aux porcheries. Depuis environ l'an 2000, on endure déjà des épandages de purin tout autour, nous empestant l'existence pendant les plus belles journées, semble-t-il. Les puits de surface se font condamnés, les coûts de l'usine d'eau potable de la SECT’eau augmentent sans cesse. 350 000$ provenant de l’argent du contribuable vont à un projet-pilote pour tester des méthodes d'épandage connues déjà aux États-Unis. La SECT’eau vient d'installer des filtres contre les cyanotoxines de 80 000$, aux frais du contribuable, encore.

Malgré que le fédéral verse des sommes d'argent aux producteurs de porcs pour qu'ils baissent leur production, malgré le rapport Pronovost qui dit qu'on doit "donner de l'air" à notre agriculture, malgré le premier rapport du commissaire du développement durable, qui a mentionné qu'on subventionne encore des porcheries qui polluent, le MDDEP continue de donner des CA pour de nouvelles fosses à purin et des augmentations de cheptels.

Et maintenant, on apprend que l'IRDA a de la difficulté à se trouver des volontaires payés pour prendre connaissance de techniques d'épandages du purin à l'endroit précis où l’on n’en voulait pas, justement. Ils sont tout surpris que peu de personnes veuillent participer...!

Avez-vous lu l'article dans Le Bulletin de l'agriculteur de mai, qui s'intitule "Pour faire accepter une porcherie"? Lisez-le, ça vaut la peine! L'auteure, une agronome, qui s'intéresse surtout à l'étude de l'IRDA, a feuilleté les pages d'archives du Journal de Chambly, a lu le livre Porcheries! de Proulx, Sauvé et al., mais n'a pas interviewé de citoyens.

Depuis le temps qu'on se sacre de nous, pas surprenant que nous soyons tous retournés dans nos chaumières en nous fermant la gueule!

Johanne Dion

Richelieu


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